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82 LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE l'aRT
Parmi les étrangers, les Anglais n'ont guère retenu son attention. Le génie empirique de la race répugne à son idéalisme. (( L'Angleterre, dit-il dès 1791, n'atteindra jamais la perfection dans les arts du dessin » ; elle n'a de goût que pour les arts industriels et décoratifs ^ En pleine bataille romantique, ce ne sont pas les paysages de Gonstable ou de Bonington, ni les portraits de Lawrence qui pouvaient le faire revenir sur cet arrêt sévère. Quand on cultive cet artlà on n'a point d'esthétique, ou elle est négligeable. Célibataire et misogyne, il défend contre le paradoxe humoristique de de PaAv la beauté des femmes de la Grèce, et l'ardeur de sa conviction l'induit pour une fois à la donner comme l'origine de l'idée du beau idéal, que les artistes grecs semblent avoir eue sans cesse devant les yeux '". Il ne cite ni Hogarth, ni Lavater, ni Burke, tous anti- idéalistes. Il ne cite pas non plus les « discours sur la peinture » de Reynolds (1778), traduits en français par Jansen en 1806, Reynolds prône pourtant aux étudiants de l'Académie de Londres l'imitation des maîtres, et la théorie platonicienne de la nature générale, c'est-à-dire d'une « idée invariable de la beauté en chaque espèce d'êtres », appuyée sur l'autorité de Phidias, Zeuxis, Platon, Proclus et Ciceron^ ; mais dans le détail il la contredit sans cesse ; un naturalisme instinctif et la passion du coloris le conduit vers les flamands et les hollandais ; et l'artiste renie en tout le professeur. Du reste Mengs était sévère à Reynolds '^, et Quatremère partage les antipathies de Mengs. Du moins Quatremère possède-t-il le traité d'Addison sur l'allégorie. Gomme il ne sépare pas le problème purement philosophique de la connaissance de celui de la conception du beau ou de la genèse de l'œuvre d'art, il apprend à connaître chez Berkeley le spiritualisme absolu, qui ramène à l'unité de l'esprit les phénomènes prétendus matériels \