PREMIERE PARTIE
LES SOURCES ANTIQUES DE LA DOCTRINE, AVANT ET APRÈS LA RÉVÉLATION DES MARBRES DU PARTHÉNON (i8o5, 1818).
La perfection, en art, n'est plus à trouver : la Grèce et Rome en ont donné les modèles éternels à l'architecte, au sculpteur, au peintre, à l'ouvrier d'art, à la mode ellemême \ Ce sont les types définitifs du beau et du vrai, qui, comme dans la nature, admettent la variété sans permettre
I. Pour nous surtout, qui « sommes véritablement les descendants des Grecs et des Romains. En vain, une critique scolastique voudrait contester cette généalogie ; elle est écrite dans les productions de notre goût, dans nos théories, dans nos méthodes, dans nos systèmes imitatifs, dans la formation et le génie de nos langues. Ces anciens sont toujours nos instituteurs. En poésie comme en peinture n'adorons-nous pas les mêmes dieux ? N'avons-nous pas le même Olympe et le même Parnasse ? Leurs héros ne sont-ils pas encore ceux de notre théâtre ? N'est-ce pas toujours au son de leur lyre que s'allume notre enthousiasme poétique ? N'est-ce pas toujours dans leurs fictions, dans leur histoire, dans leurs usages, que le génie des arts trouve ses allégories, l'amour de la patrie ses dogmes et ses patrons, la passion de la gloire ses exemples, ses trophées et ses triomphes ? Ainsi le culte de l'antiquité est pour nous le culte des aïeux; et n'en déplaise au dépit ironique d'une muse gaîment chagrine, jamais on ne nous délivrera des Grecs ni des Romains « {^Notice historique sur Visconti, 1820).