Août
o/j LA DOCTRINE OU PHILOSOPHIE DE L ART
après tous les écrivains français, anglais et allemands qui l'ont précédé. Les artistes sont invités (et l'on sait ce que signifie parmi les artistes en quête de commande l'invitation du Moniteur) à en faire leur profit, surtout en ce qui concerne l'allégorie, le nu et le costume héroïque dans les sujets modernes. Et il prévoit des polémiques fécondes suscitées par le geste du « célèbre académicien ». Nouvelle apologie en 1826, après les scandales du Salon en 182/i, du « savant distingué » qui a fait au romantisme une (( plaie sensible » dont la cicatrice ne disparaîtra plus. DelécluzeS MieP, Clarac ^ répandent la doctrine du (( Quintilien des arts » en l'enveloppant d'une modération qui n'est que de la faiblesse de tempérament.
C'est surtout le spiritualisme de Quatremère, c'est-à-dire l'asservissement de la forme à l'idée, au « moral du sujet », à l'âme, et l'épuration sévère de la ligne et de la couleur, qui lui a valu un grand nombre de disciples : l'admiration qu'il a vouée à Royer CoUard et à Maine de Biran, JoufFroy, dans son cours d'esthétique, l'exprime à son égard \ Cousin, qui semble lui devoir beaucoup, le cite comme un de ceux qui ont réhabilité le spiritualisme au début du siècle, à côté de Chateaubriand et de Mme de StaeP ; des trois, Quatremère est le seul sur lequel il ne se trompe pas. Il partage son admiration pour Platon, pour l'art grec, pour l'esprit du xvii*^ siècle, et entre au conseil d'administration du Journal des Savants en 181 6 pour prêcher à ses côtés la bonne doctrine. Guinguené\ Levêque^ se réclament de Quatremère, (( vrai philosophe » de la lignée de Plotin, de Kant et de Schelling. En 1869 encore, Barthélémy Saint-Hilaire invoque sa théorie de l'IdéaP. Parmi nos esthéticiens récents,