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LA POÉSIE

Bien que ceux-ci, à leur façon, soient aussi des représentants de l'humanité, chacun conserve son individualité et avec elle, les particularités de son histoire r& xoO'jxatrrov. La vérité poétique, sous ce rapport, domine la vérité historique. Et c'est ce qui fait de la poésie, selon le mot d'Âristote, une chose plus philosophique et plus sérieuse que l'histoire.

2° La poésie et l'éloquence, bien que rien de formel ne soit dit par Aristote sur ce sujet, du moins dans la Poétique* gardent aussi à ses yeux leur différence. Ici encore, sa pensée est très claire et très précise. D'abord sa poésie est un art imitatif; elle crée un spectacle; par là elle est destinée à satisfaire un besoin contemplatif de l'esprit. L'œuvre poétique est une représentation purement idéale; l'éloquence a un autre but ; sa fin est toute pratique ; par sa nature elle est vouée à Yutile xp«5<"f*°v (1). Son but est de persuader. Si elle doit opérer la conviction ou la persuasion dans les âmes, c'est afin de les amener à prendre une résolution qui elle même conduit à l'action. Elle doit produire la croyance, (martv) et cela par des moyens dont les principaux sont d'une nature prosaïque. Le premier et le principal est le raisonnement, non, il est vrai, le démonstratif réservé à la science ; mais le vraisemblable ou le probable. (Topiq. KhéL). Elle est sous ce rapport un rejeton de la dialectique irapayufe rï rHç BtoàexTtimç. (Rh. II.) Attachée aux plus hauts intérêts de la vie, qui, pour Aristote, est la vie sociale, la Rhétorique est aussi un appendice de la Politique ; l'éloquence doit faire triompher le vrai, le juste, l'utile, défendre, louer ou blâmer, etc. Le but de tout art imitatif, et par conséquent de la poésie, est d'abord de procurer un divertissement ou amusement noble, fait pour des hommes libres, c'est aussi ^instruire et ^améliorer les hommes, de les perfectionner, comme il a été dit de l'art en

(1) ;çp»i<T£f*off $k èorcv ri pvroptxh. Rhét. I, 1.

général. — La diction n'est pas la même dans l'un et dans l'autre genre, bien que la plupart des ornements du discours leur soient communs. Le style oratoire diffère du style poétique. Il comporte aussi d'autres règles qui sont données dans les deux traités de la Rhétorique et de la Poétique.

3° Quant à la Philosophie, malgré l'affinité entre elles plus haut signalée ; les deux formes de la pensée ne sauraient s'assimiler, encore moins se confondre.

D'abord, l'une est un art re^v», l'autre est une science cTrtemjpj. Platon avait dit de la philosophie, qu'elle est le premier des arts (1). Aux yeux d'Aristote, qui nettement fait la distinction, elle est la première des sciences (Met. I). Ce qu'il y a de plus scientifique, ri pcWa àn<m?T«, est son objet propre : les premiers principes et les premières causes. Ce ne sont pas non plus les mêmes facultés qui sont mises en jeu et auxquelles l'une et l'autre s'adressent. Pour l'une, c'est la raison, la faculté théorique, le vovç 0«&>p>îT£xoff ; pour l'autre, la faculté poétique, le voOç noufrcxoc comme il a été dit plus haut.

III. — La division de la poésie en ses genres ou espèces est loin d'être aussi claire et satisfaisante. La distinction en trois genres principaux : épique, dramatique et lyrique, ressort assez bien d'abord de ce qui est dans la Poétique. Aristote, qui en réalité ne s'occupe que du drame et encore seulement de la tragédie, lui oppose à plusieurs reprises Yépopée.

Il mentionne aussi là comédie qu'il caractérise. Il y ajoute le dythyrambe qui est pour lui à peu près ce qu'est pour nous la poésie lyrique. Les caractères qui distinguent les trois genres sont pris dans la forme extérieure, non tirés du fond ou de l'essence qui doit servir à les définir. Le sujet, non l'objet, y est pris pour mesure. 1° ou le poète parle en son nom ; 2 # ou il fait parler les personnages ;

(1) yùoaoyiaç ftfv wtrvç peyfovnç pjwavâiç (PhJèâbn, 61).

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