‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 119 sur 129 · CHAPITRE XYIII. lA VISION BÉATIFIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIII. lA VISION BÉATIFIQUE

la Yérité absolue, toujours notre volonté s'abreuvera à l'océan de l'Amour infini.

La fête cependant ne sera complète qu'après la résurrection. Le corps du chrétien, confié à la terre, y aura silencieusement germé comme le grain semé dans le sillon ; au jour de la résurrection, il en sortira comme un épi magnifique. Ce corps transfiguré jouira de propriétés toutes nouvelles. Débarrassé du péché et désormais immortel, il s'élancera, plus rapide que l'éclair, au-delà du monde des étoiles. La matière ne pourra plus rien contre lui ; assez longtemps il aura lutté contre les dangers et les souffrances qui naissaient du conlact avec les objet matériels ; son triomphe sera d'échapper totalement à leur étreinte. La douleur ne sera plus qu'un souvenir, embelli par la récompense présente, et ce corps spiritualisé franchira tous les obstacles, comme un rayon de lumière passe à travers le cristal. Enfin une lumière émanera de lui ; partout où l'entraîneront ses désirs, une

gloire cèles le l'environnera. Quelle imagination aurait pu rêver pour nos corps ce que Dieu leur destine : l'immortalité, l'impassibilité, l'agilité, la subtilité, l'éclat lumineux?

Réunis dans le lieu inconnu auquel nous donnons le nom de ciel, les bienheureux se reconnaîtront et se réjouiront mutuellement d'avoir conquis le droit d'entrer dans la céleste Jérusalem. Les fils remercieront les mères qui, par leur foi, leur amour, leur vigilance, les auront préparés au bonheur éternel ; les pères béniront Dieu d'avoir engendré des élus. Des harmonies divines traverseront l'air ; des parfums célestes s'y répandront doucement, et au-dessus de la cité sainte brillera le Soleil qui ne se couche jamais.

Telle est la fin du chrétien.

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