‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 128 sur 129 · HOTES · texte numérisé non relu

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de l'olivier. Il verra les enfants de ses enfants :' c'est: ainsi que Dieu bénit. . . »

a Qu'il est beau, le sourire de l'enfance ! C'est comme un rayon de soleil au foyer, et plus il y a dé, sourires, plus le foyer resplendit. Multipliez-vous, êtres charmants, remplissez de votre animation joyeuse et de vos cris la maison où vous êtes nés ! Dieu aime à vous voir et à vous entendre. Providence des petits oiseaux et des lis de la prairie, il veutêtre^ particulièrement le Dieu des nombreuses familles. II. tient en réserve pour elles ses meilleures bénédic- , tions, et il leur donne je ne sais quels charmes provoquants qui leur attirent la sympathie, la miséricorde; et les largesses des cœurs bien faits. Là, il n'y a point de ces mornes silences qui attristent les foyers, déserts ; là, le cœur des parents n'est point exposé à ces idolâtries niaises qu'on voit ramper autour de l'unique enfant ; le nombre ne partage pas l'amour, . il le multiplie ; là, point d'absences irréparables, ni de deuils qu'on ne peut consoler; la fleur. que Dieu moissonne laisse après elle des sœurs aimables qu'on aime davantage, comme pour se venger des trahisons de la mort; là, le travail, le dévouement, le sacrifice s'imposent et se perpétuent en glorieuses et saintes traditions ; là, il y a des élus pour peupler le ciel, des soldats pour servir le pays, des pionniers pour prendre possession du monde : l'empire de la terre appartient aux nombreuses familles : Crescite, multiplicamini et replète terram...

(.( Tous les hommes publics, qui s'inquiètent du.

sort des peuples, ont l'œil ouvert sur les recensements des familles dont ils se composent. Plus ces familles sont nombreuses, plus il y a de vraie richesse dans une nation, car la première de toutes les richesses, c'est la vie, c'est la force, qui ne croissent que pour envahir et posséder le monde. Dieu l'a voulu ainsi, Dieu a dit au premier couple humain : « Croissez, multipliez-vous, et remplissez la terre » . Telle est la loi, l'empire du monde appartient aux peuples prolifiques. On les trouvera peut-être moins policés que les autres, grossiers, barbares, qu'importe ! Ils ont dans leur sang généreux de quoi devenir les maîtres. Si le pays où ils essaiment est trop étroit pour eux, comme les laborieuses abeilles, ils prennent leur vol vers d'autres contrées. L'ancien et le nouveau monde, les continents et les îles se peuplent de leurs migrations. Partout ils s'emparent des places libres, partout ils accumulent des générations fécondes, partout ils se tiennent prêts à remplacer les peuples qui vont s'éteindre.

« Ces derniers trompent l'œil encore par une prospérité factice. En tronquantles familles, ils enflent les fortunes individuelles, ils créent un mouvement d'affaires, de luxe, de plaisirset je ne sais quels raffinements de civilisation qu'on prend pour de la vie. Mais la vraie s'épuise dans les abjects calculs qui limitent la fécondité. Là où l'on a peur des enfants, la population décroît; là où la population décroît, on la voit se cramponner avec une avidité égoïste à sa part de biens gz^ossie par les absences, et l'on n'a bientôt

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plus ni assez de mâles poitinnes, ni assez de cœurs généreux à opposer aux innombrables et besogneuses légions que lancent sur un peuple stérilisé les peuples prolifiques.

« Depuis longtemps cette idée me poursuit comme un cauchemar, et je me demande s'il n'y a pas à l'heure qu'il est un peuple à qui Dieu pourrait dire comme le vieux Jacob à son fils : « Ruben, mon aîné, toi, ma force et la cause de ma douleur ; toi, le premier dans les dons et le plus grand dans l'autorité, tu as perdu ta vie, tu l'as répandue comme l'eau, c'est fini, tu ne croîtras plus » ! — Seigneur, faites que je me trompe (Monsabré, Le Mariage, p. 177 et ss.) ».

esthétique:. — 2y.

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