CHAPITRE IV. LE PÉCHÉ ORIGINEL
déroulée sur la terre. Seule, elle explique pleinement les énigmes au milieu desquelles s'agite rhumanité : l'origine du mal moral, le débordement du péché, le déchaînement des maux physiques, la maladie, la souffrance et la mort. Ce n'est pas ainsi que Dieu avait conçu le monde et qu'il en avait réalisé le plan; c'est la défaillance de la volonté humaine qui a tout perverti, et les hommes expient la faute de leurs premiers ancêtres, comme les enfants paient par la misère les folies de parents prodigues, comme ils paient de leur santé et de leur vie les vices d'un père débauché. Si longue que soit la chaîne qui nous unit au premier homme, tous les anneaux se tiennent, il n'y a pas d'interruption entre eux; l'humanité est une grande famille qui descend du même père ; mais elle a perdu par la faute de son chef les biens dont la libéralité de Dieu l'avait enrichie. C'est la plus juste application de la loi de l'hérédité. Désormais, les ombres sont multiples au ta-
bleàu de la création. Le mal est extrême sur la terre ; la misère y coudoie le vice, et si les ri^ gueurs de la justice ne suffisent pas toujours à désarmer les criminels, la charité ne suffît pas non plus à soulager les malheureux et à nourrir les affamés. Toujours la mort plane au-dessus de l'homme, et les animaux, dont il était le roi^ semblent souvent s'être ligués contre lui pour le détruire. Les microbes attaquent ses organes vitaux et y sèment les germes de la corruption ; les tigres le dévorent, sans souci de sa royauté d'autrefois, et ses membres tombent en putréfaction sous la dent de hi. j^odridora, l'efTrayant reptile de l'Amérique du Sud. Yoilà ce qu'il a réussi à faire de ce monde, qui" ne devait être pour lui qu'un lieu d'épreuve passager, adouci et embelli de mille manières par la générosité du Créateur. L'ordre surnaturel à été restauré, il est vrai, par le sang du Rédempteur promis aux premiers pécheurs ; mais l'ordre préternaturel a été laissé dans l'état de ruine auquel l'a-