CHAPITRE VI. LA VIERGE MÈRE
sainteté divine que le Verbe reçut dans les veines de son corps un sang qui ne fût pas parfaitement pur, et d'ailleurs l'amour privilégié, qu'il éprouvait pour la Vierge dont il devait naître, pouvait-il souffrir que le démon la tînt, ne fûtce qu'un instant, sous son joug? Pour satisfaire à ce qu'il se devait à lui-même et à ce que l'honneur de sa Mère réclamait de sa piété filiale, il arrêta pour elle l'effet universel de la malédiction divine. Jamais le péché originel ne projeta son ombre sur la pureté de Marie, ce véritable miroir sans tache qui reflétait la sainteté du Verbe. En Marie, le sang de la rédemption, vivifié par une âme qui ne connut jamais le péché, s'épura du limon que les siècles y avaient déposé. Gomme un lys au milieu des épines, la Vierge Mère s'élève au milieu des - filles des hommes. Les plus belles fleurs humaines portent toujours les épines du péché originel et des défaillances quotidiennes ; seule Marie a été conçue et a passé sur la terre sans que la
moindre souillure effleurât sa robe immaculée :
« Peuples chrétiens, élevons d'un commun accord nos cœurs et nos voix pour lui chanter un cantique de louanges. C'est vous qui êtes le refuge des pécheurs et la consolation des affligés. Lorsque Dieu, touché des misères du genre humain, envoya. son Fils au monde, ce fut dans vos entrailles qu'il opéra cet ouvrage incompréhensible. Il donna Jésus-Christ aux hommes par votre moyen ; mais s'il le leur donna comme Maître et comme Sauveur, l'amour éternel qu'il avait pour vous lui fît concevoir bien d'autres desseins en votre faveur. Il a ordonné qu'il fût à vous en la même qualité qu'il lui appartient, que vous engendrassiez dans le temps Celui qu'il engendre continuellement dans l'éternité ; et pour contracter avec vous une alliance immortelle, il a voulu que vous fussiez la mère de son Fils unique et être le Père du vôtre. prodige, ô abîme de charité ! qui nous donnera des conceptions assez hautes pour représenter quelles amours, quelles complaisances il a eues pour vous, depuis que vous lui touchez de si pi'ès par ce nœud inviolable de votre sainte alliance, par ce commun Fils, le gage de vos aff'ections mutuelles que vous vous êtes donné amoureusement l'un à l'autre ; lui j)lein d'une divinité impassible, vous revêtu, pour lui obéir, d'une chair mortelle? C'est vous que le Saint-Esprit a remplie d'un germe céleste par de chastes embrassements ; et se coulant d'une manière ineffable sur votre corps virginal, il y forma celui qui était res2>érance d'Israël et l'attente