‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 45 sur 129 · CHAPITRE ;VI. LA VIERGE MÈRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ;VI. LA VIERGE MÈRE

quelques traits de sa vie mortelle, il prend modèle sur lui, il le copie. . Mais quand le Verbe s'est fait chair, il a daigné copier sa créature ; non content d'être la splendeur incréée du Père céleste, il a voulu devenir le vivant portrait de sa Mère, et les traits de l'enfant divin reproduisaient les traits de Marie, son allure et sa démarche rappelaient l'allure et la démarche de Marie. Bien qu'infiniment glorieuse pour la Vierge Mère, cette ressemblance lui aura paru encore insuffisante, et je crois qu'il a voulu lui donner plus de consistance et de profondeur. Entre la mère et le fils il y a souvent une singulière conformité de tempérament qui explique en partie l'attrait spécial qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. N'est-il pas tout à fait vraisemblable et croyable, à qui se souvient de l'amour du Verbe incarné pour sa Mère selon la chair, qu'il a étendu sa ressemblance avec elle aussi loin que possible, jusqu'aux facultés organiques ? Et s'il en est ainsi, quelle gloire

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pour la créature unique à qui le Verbe a emprunté non seulement ses formes extérieures, mais jusqu'aux traits individuels de son tempérament humain !

« Au commencement, Dieu a communiqué sa ressemblance à l'homme ; à présent, la femme communique sa ressemblance à Dieu. Qui pourrait sans trembler rappeler une telle condescendance ? Quel cœur ne serait dans le ravissement en pensant à quelle gloire sa Mère a été élevée ? De quelle intimité spirituelle et de quelles similitudes profondes cette ressemblance n'est-elle pas le symbole et la preuve ? merveille ! le petit lys blanc fleurit sous un plus grand et sort de sa tige ; il en est une fidèle copie : mêmes feuilles, mêmes pétales, même blancheur ; la même poussière d'or les poudre, ils jettent aux brises du matin le même parfum que nul autre n'a jamais égalé. Dieu copiant sa créature ! L'univers n'a jamais eu à contempler un spectacle si beau (Faber, Bethléem, t. ii, p. 127) »,

A travers le cours des siècles, depuis Juda jusqu'à David et plus tard encore, la souillure du péché avait souvent terni la limpidité du sang que la famille élue devait transmettre au Rédempteur. Cependant 11 était indigne de la

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