CHAPITRE VII La Justification
Le sano- de Jésus avant effacé le décret dé mort que la justice divine avait porté contre les hommes pécheurs, il fallait appliquer aux individus les mérites du sacrifice de la Croix. Dieu, qui a créé les hommes sans eux, n'entend pas les sauver sans leur active coopération ; leur ayant donné une nature raisonnable et libre, il veut les sanctifier d'une manière conforme à l'excellence de cette nature. Mais avant tout il lui plaît de sauvegarder ses droits souverains et de se réserver dans la grande œuvre de la justification de l'homme cette action principale qu'il ne saurait céder à un autre.
Par le virus du péché qu'Adam avait inoculé à sa postérité, l'homme avait perdu le goût des choses célestes, et ses désirs, qui s'élevaient d'abord vers le Créateur, s'accoutumèrent à s'abaisser sur les créatures. A l'époque où les Apôtres commencèrent à prêcher l'Evangile, le monde gréco-romain était en proie à une corruption intellectuelle et morale dont les auteurs du temps nous laissent entrevoir la répugnante image. Qu'allaient faire et qu'allaient dire, en face de la vérité révélée, ces sceptiques moqueurs qui ne croyaient plus à la vérité, ces politiques sans conscience, ces monstrueux débauchés, ces stoïciens orgueilleux, ces masses populaires fanatiquement attachées aux superstitions traditionnelles ou avidement préoccupées de s'en forger de nouvelles ? Est-ce que le seul attrait de la vérité allait triompher de toutes les résistances et s'imposer à des intelligences si mal préparées à la recevoir ?
Il y avait là des obstacles que la toute-puis-