‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 49 sur 129 · CHAPITRE VU. -^ LA JUSTIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. -^ LA JUSTIFICATION

sance divine pouvait seule renverser. Pour gagner les hommes, il fallut que l'Esprit Saint, descendu sur l'Eglise naissante au jour de la Pentecôte, entreprît le siège, des âmes, qu'il éclairât de sa lumière les intelligences obscurcies et qu'il réchauffât de ses feux les cœurs glacés. Ce docteur invisible, sans qui toutes les paroles des docteurs humains ne sont qu'un vain bruit, s'insinuait partout, frappant à toutes les portes. L'accueil était divers : les uns n'écoutaient pas ou refusaient d'obéir, et la porte de leur cœur restait fermée à l'hôte divin ; d'autres s'étonnaient d'entendre la voix intérieure qui les appelait à la foi, ils hésitaient, puis ouvraient, et l'Esprit Saint venait habiter en eux. D'avance l'Esprit savait ceux qui seraient dociles à l'appel et ceux qui fermeraient l'oreille ; il lisait dans le cœur des hommes l'arrêt contresigné par eux de leur prédestination ou de leur réprobation ; et néanmoins il faisait partout son œuvre, manifestant ainsi sa bonté inef-

fable jusque dans la perversité de ceux qui lui résistaient.

Chez ceux qui avaient écouté et qui avaient ouvert, une vie nouvelle commençait. Avec le Saint Esprit, tout un cortège de vertus et de biens surnaturels pénétrait dans leurs âmes.

Les ténèbres cédaient la place, tout s'éclairait, tout s'illuminait, et les coeurs endurcis s'amollissaient sous les chaudes effluves de la langue de feu. La grâce sanctifiante expulsait le péché et rendait blanches comme la neige ces âmes qui étaient noires comme l'enfer. Par la foi, les convertis embrassaient la vérité révélée dans toute son étendue, dans toute sa profondeur, et s'appropriaient les mérites du sang divin versé pour eux. L'espérance rallumait en eux le désir des biens célestes et de l'éternelle possession de Dieu ; la charité les transfigurait, redressait les affections perverties et en dirigeait l'ardeur vers le Bien suprême. La pénitence épurait les cœurs et faisait de ces pécheurs de la veille les saints

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