‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 81 sur 129 · CHAPITRE X. LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. LES SACREMENTS

Jésus venait d'arracher la femme adultère à ses bourreaux ; le Sauveur et la coupable restaient seuls en présence : « Femme, où sont ceux qui vous accusaient, dit Jésus, personne ne vous a condamnée ? — 'Personne, Seigneur. — Eh bien, je ne vous condamnerai pas non plus, reprit Jésus ; allez et ne péchez plus (Joann., vm. V. 10 et li). » La volonté sérieuse et efficace de changer de vie, l'accomplissement de la pénitence imposée par son ministre, telles sont les conditions nécessaires que Dieu pose à ses libéralités. Au pécheur qui les accepte Jésus donne sa paix, cette paix que le monde ne peut donner. Alors éclate au ciel l'allégresse des anges et des élus pour la conversion du pécheur, bien plus vive, comme nous l'a révélé le Seigneur, que la joie qu'ils ressentent de la persévérance des justes. L'histoire de l'Église est là pour témoigner que, parmi les saints, quelques-uns des plus grands furent des pénitents, comme Marie Madeleine et saint Pierre.

Enfin, quand l'heure de la mort a sonné pour le chrétien, c'est encore la main du prêtre qui marque ses membres de l'huile sainte pour le dernier combat. A ce moment décisif où l'arbre presque déraciné chancelle, le démon fait un dernier effort pour l'entraîner vers lui, car il sait que, du côté où il sera tombé, l'arbre immortel sera fixé pour toujours. Mais Jésus connaissait la malice homicide de Satan, et il a déjoué ses ruses en fortifiant l'homme pour la lutte suprême. Dans l'antiquité grecque, les athlètes se frottaient d'huile avant de descendre dans l'arène, afin que leurs membres fussent plus souples et, pour ainsi dire, insaisissables aux étreintes de l'adversaire. Le Seigneur aussi a voulu qu'à l'heure de l'agonie les membres du chrétien fussent oints de l'huile des malades pour infuser dans son âme la force spirituelle dont l'huile est le symbole.

Ainsi, du berceau à la tombe, le chrétien est guidé par la main du Chef divin, qui n'a voulu

Page 1