CHAPITRE X. LES SACREMENTS
baptême, a du moins la bonne foi et l'humilité de s'avouer coupable devant Dieu ; qu'il accuse fidèlement toutes les fautes graves dont il se sait chargé ; le sang rédempteur va opérer encore une fois cet adm.irable mystère de transformation morale, au prix duquel la résurrection d'un mort est peu de chose. Pourvu que le pécheur apporte au tribunal de la pénitence la douleur et la détestation de ses péchés puisées dans un motif de contrition surnaturelle, tel que la crainte des jugements divins, le sacrement le rétablit dans tous ses droits, d'enfant de Dieu et lui rend l'amitié du Père céleste.
« Que de mercenaires, se disait l'enfant prodigue qui, après avoir dissipé ses biens, était devenu gardeur de pourceaux, que de mercenaires ont, dans la maison de mon père, du pain en abondance, et moi je meurs de faim ici ! Je partirai, j'irai vers mon père et lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ; traitez-moi comme l'un de vos mercenaires. (S. Luc. XV. V. 17-20) ! »
Si le pénitent est animé de cette confiance filiale et de cette humilité, Dieu lui épargne la moitié du chemin et va au devant de lui :
« Gomme il (l'enfant prodigue) était encore éloigné, son père l'aperçut et fut ému de compassion ; il courut à sa rencontre, se jeta à son cou et l'embrassa. Et l'enfant lui dit : Père, j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je ne suis plus digne d'être appelé votre fils. Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle tunique et l'en revêtez ; passez-lui un anneau au doigt et mettez-lui des chaussures aux pieds ; amenez un, veau gras et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous, parce que mon fils que voilà était mort, et il est ressuscité ; il était perdu, et il est retrouvé (S. Luc. xv. v. 20-25) ! » .
Tout est oublié et pardonné ; le Père céleste s'abaisse volontiers vers l'âme pénitente, il s'abaisse avec une facilité, il pardonne avec une indulgence que l'homme ne connaît point ; il fait, si j'ose dire, bon marché de sa dignité. Mais, en retour de cet excès de charité, il demande au pécheur le ferme propos de ne pas retomber dans ses iniquités.