XXIV INTRODUCTION
L'influence de l'Académie des beaux-arts, toujours battue en brèche, demeure prédominante, grâce à l'enseignement universitaire , immuablement ancré aux dogmes platoniciens ; la superstition du prix de Rome est plus vivante que jamais, et les sujets qu'on impose aux concurrents ne sont pas moins ridicules en 1882 qu'en 1837.
En résumé, nous ne voyons pour l'art que trois voies ouvertes : l'imitation d'un art antérieur, la copie des choses réelles, la manifestation des impressions individuelles.
La première méthode est la méthode académique. Elle a pour principe plus ou moins latent la négation du progrès et même de tout changement intellectuel, et sa pratique consiste à forcer les jeunes gens du dix-neuvième siècle à penser et à sentir comme ceux du temps de Périclès ou de Léon X. Or, comme la chose est impossible, il en résulte que la plupart des artistes soumis à cette discipline trouvent plus simple de se dispenser de toute pensée et de tout sentiment, et se bornent à étudier des procédés, à appliquer des formules, à élaborer des pastiches. Emotion, conviction, sincérité, spontanéité, tout ce qui constitue l'art véritable est éliminé du coup. L'effet naturel et logique de l'enseignement universitaire et académique, s'il ne se heurtait parfois à d'invincibles révoltes, serait de former, non des artistes, mais des traducteurs.
Si, en haine de cet excès, on se jette dans l'excès contraire, on aboutit au réalisme, qui n'est pas non plus l'art, mais qui du moins y conduit. La théorie