‹ L'esthétiqueChapitre 2 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

11 n'y a pas de science qui ait été plus que l'esthétique livrée aux rêveries des métaphysiciens. Depuis Platon jusqu'aux doctrines officielles de nos jours, on a fait de l'art je ne sais quel amalgame de fantaisies quintessenciées et de mystères transcendantaux qui trouvent leur expression suprême dans la conception absolue du Beau idéal, prototype immuable et divin des choses réelles.

C'est contre cette ontologie chimérique que nous avons essayé de réagir.

L'art n'est autre chose qu'une résultante naturelle de l'organisme humain, qui est ainsi constitué qu'il trouve une jouissance particulière dans certaines combinaisons de formes, de lignes, de couleurs, de mouvements, de sons, de rythmes, d'images. Mais ces combinaisons ne lui procurent jamais plus de plaisir que quand elles expriment les sentiments et les émotions de l'âme humaine aux prises avec les accidents de la vie ou en face du spectacle des choses. Les arts plastiques, qui s'adressent aux yeux, manifestent ces impressions par l'interprétation des objets, des formes, des attitudes, des scènes réelles ou imaginaires qui les ont fait naître. Les autres, qui s'adressent

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