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VI INTRODUCTION

à l'oreille, ont pour domaine et pour instruments la multiplicité infinie des sons.

Les principes sur lesquels repose chacun de ces deux groupes trouvent donc leur explication physique dans les deux sciences qui étudient les organes de la vue et de l'ouïe, l'optique et l'acoustique. Cette explication est loin d'être complète ; un grand nombre de problèmes restent à résoudre ; mais ce que l'on sait dès maintenant permet d'entrevoir les solutions futures. On peut du moins marquer d'une manière à peu près certaine les directions générales.

L'explication des phénomènes cérébraux, ce qu'on appelle vulgairement les effets moraux de l'art, est beaucoup moins avancée, et, dans la plupart des cas, nous sommes réduits à un pur empirisme. Sur ce point, l'esthétique se borne forcément à constater et à enregistrer les faits, et à les classer dans l'ordre le plus vraisemblable. Par ce côté, elle cesse d'être une science, dans le sens complet du mot.

Cependant, de l'observation de ces faits se dégage un principe d'une importance capitale, c'est que, en dehors des conditions matérielles qui relèvent de Toptique et de l'acoustique, ce qui domine dans l'œuvre d'art et ce qui lui donne son caractère, c'est la personnalité de l'artiste. L'ontologie disparaît pour faire place à l'homme. Il ne s'agit plus de réaliser plus ou moins le Beau éternel et immuable de Platon : la valeur de l'œuvre d'art est tout entière dans le degré d'énergie avec lequel elle manifeste le caractère intellectuel et l'impression esthétique de son auteur. La seule règle qui lui soit imposée, c'est la nécessité

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