ANALYSE DES OBSERVATIONS
On voit, à la lecture de ces observations que les symptômes par lesquels se traduisent ces gastrites, n'ont rien de bien spécial.
On peut distinguer, comme dans le cas précédent, des troubles non digestifs, tels que des céphalées, souvent signalées par ces malades, dés vertiges, des bourdonnements d’oreilles. Rien n’indique, d’ailleurs, que ces troubles soient liés à cette gastrique. Ils ressortissent, peut-être, d’une façon plus générale, de l’intoxication benzolique.
D'autre part, des troubles digestifs. Ils sont banaux, consistant, le plus souvent, en douleurs épigastriques, souvent, d’ailleurs, mal caractérisées ; il s’agit, dans bien des cas, plutôt de sensation de gêne, d’oppression, de malaise épigastrique, que de douleurs vraies. Il s’y associe, avec une fréquence variable, de la lenteur des digestions, des nausées, des vomissements. Plus rares sont l'anorexie, et les troubles intestinaux, telles que diarrhée ou constipation.
Mais ce qui nous frappe surtout dans ces observations, c'est le manque complet de parallélisme entre ces troubles fonctionnels gastriques et les résultats de la gastroscopie pratiquée chez ces malades. Tel malade ayant une symptomatologie fonctionnelle riche ont un estomac qui apparaît normal ; tels autres, au con-
traire, atteints de lésions gastriques nettes et parfois
importantes, n'accusent aucun trouble fonctionnel.
J. Roger-Depitre 6
Le Gp
Par ailleurs, il s’agit de gastrites les plus diverses, apparaissant, nous l’avons vu, sans cause apparente. Nous pouvons donc nous demander s’il ne s’agit pas ici de gastrites intercurrentes, non liées à l’intoxication benzolique. Nous devons alors, tâcher de retrouver chez ces malades, d’autres stigmates d’intoxication benzolique, qui nous permettront, peut-être, de trancher la question. Ces stigmates, auxquels on doit penser, sont d’ordre sanguin.
C'est pourquoi nous avons groupé nos observations dans le tableau suivant, en les classant d’après l'état du sang de ces malades.
A la lumière de ce tableau, il apparaît qu’on peut classer ces malades suivant:
1° qu’ils ne présentent pas d’hémopathie ;
2 qu'ils présentent une hémopathie.
Reste à voir si l’on peut partir de cette distinction
pour éclairer le problème des gastrites de ce groupe.