‹ L'établissement des Récollets à Montréal, 1692 [microform]Chapitre 27 sur 61 · DOM MAGLOIRE LOZ · texte numérisé non relu

DOM MAGLOIRE LOZ

tere. Un seigneur du pays dont il avail la confiance, se proposant de s'eriger en fondateur du monastere, s'offrit de lui laisser apres sa mort deux cent mille livres, ce qui ferait un revenu de dix mille livres. Le R. Pere, presse d'accepter, repondit que les Dauphins etaient les fondateurs du prieure ; et qu'il etait plus naturel qu'il laissat son bien a ses parents. Le seigneur, qui croyait n' avoir pas sujet d'etre content de ces derniers, temoigna sa repugnance a suivre cet avis. Dom Magloire persista dans son refus et s'efforga de reconcilier cet homme genereux avec les siens.

De Cornillon, Dom Magloire Loz passa a la Chaise-Dieu, 011 il demeura trois ans. Pendant son priorat, le R. P. Dom Frangois Douay, qui etait le Visiteur de la Province, le trouva en defaut dans les formalites d'une affaire, et, comme c'etait un homme exact et regulier, il le mit en penitence, et le Prieur, s'executant avec soumission, clina a terre devant ses religieux, heureux de leur montrer comment il faut obeir. Dom Loz fut ensuite prieur de Saint-Jouin, de Redon et du Mont-Saint-Michel, puis Visiteur de Ghezal-Benoit et de Bretagne. Partout il donna des preuves de sa probite et de sa fermete a faire observer les Regies. II fut definiteur dans plusieurs Chapitres generaux et devint Assistant du R. P. General Dom Gharles de 1'Hostallerie. Son dernier poste fut Marmoutier, ou il mourut d'une colique nephretique le 37 aout 1722 (i). II etait un superieur plein de charite pour tous ses religieux, auxquels il voulait qu'on donnat abondamment ce dont ils avaient besoin et dont il n'exigeait que ce qui est marque dans les Regies. II etait ferme dans ses resolutions, d'une discretion absolue, ennemi des sorties, des voyages, des rapports avec le monde exterieur. D'une grande humilite, il etait aime et estime de tous les bons religieux. II n' avail pour adversaires que ceux qui s'ecartaient de Jeurs devoirs.

(i) Dom Joseph-Magloire Loz fut, pendant 27 ans, designe pour les fonctions les plus honorables de sa congregation. En i6g3 et 1696 il fut choisi pour gouverncr le monastere de Saint-Pierre de Gornillon, en 1699 de la Chaise-Dieu, et en 1702 de Saint-Jouin de Manxes. En 1700, il etait nomme prieur de Saint-Sauveur de Redon, d'ou il passait, trois ans plus tard, en la meme qualite au Mont-Saint-Michel. En 1711, il'devenait Visileur de la province de Chezal-Benolt, et en 1714 de celle de Bretagne. Le Ghapitre de 1717 lui confiait les fonctions d'Assistant du Pere General; et en 1720 il devenait prieur de Marmoutier.

go DE LA VIE DBS JUSTES

Du R. P. DOM JOSEPH TITRAN

Dam Joseph Titran etait de Saint-Ouen pres de Pontoise (i), dans le diocese de Paris. De tres basse naissance, il n'entra point en religion pour y trouver un etablissement honorable et y vivre plus a 1'aise qu'il n'eut pu faire dans le monde, mais bien par desir de servir Dieu plus parfaitement dans les exercices de la penitence. II fit profession a Saint-Faron le i3 mars 1667, a 1'age de vingt-trois ans. C'etait un religieux tres humble qui ne rougissait point de la bassesse de son extraction ; il possedait la crainte de Dieu et un grand zele pour la regulari le. II conserva durant sa vie entiere ses pratiques du noviciat, et a 1'age de pres de quatre-vingts ans il demeurait aussi simple qu'a son entree en religion. Dieu couronna par une sainte mort, arrivee le 28 d'octobre 1722 au monastere de Saint-Fiacre, cette longue existence.

Du R. P. DOM SIMON RIFFLART

Dom Simon Rifflart etait de Reims. II fit profession a Sainl-Faron le 18 mars 1680, a 1'age de vingt-trois ans. II fit sa philosophic a Saint- Germ ain-des-Pres et sa theologie a Saint-Denis. Dans 1'un et 1'aulre monastere il donna des preuyes de son amour de Dieu et des Regies ; II etait assez bon ecolier, et on le regardait com me un sujet d'esperance, lorsque Dieu, dont les desseins sont bien differents de ceux des hommes, en voulut faire un modele de vertus et de patience heroi'que. II fut alteint du mal caduc, et, dans un acces de cette terrible maladie, tomba dans le feu et se brula la moitie du visage, en sorte qu'on ne pouvait le voir sans horreur. Gela le privait de la conversation des hommes et lui procurait celle de Dieu. II ne sortait presque pas de 1'eglise, benissant le Seigneur de la grace qu'il

(i) Saint-Ouen-l'Aumone, com. du canton de Pontoise, Seine-et-Oise ; diocese actuel de Versailles.

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