‹ L'établissement des Récollets à Montréal, 1692 [microform]Chapitre 36 sur 61 · DOM VINCENT MA.RSOLLES · texte numérisé non relu

DOM VINCENT MA.RSOLLES

un excellent religieux qui, apres avoir ete eleve a la superior! te (i), fit tant d'instances qu'on lui accorda sa decharge. II se retira k Saint- Faron et y fut d'une grande edification pour toute la communaute et le noviciat. Le R. P. Dom Francois Douay, mon Pere maifre, m'a raconte qua, durant les six annees de son priorat, Dom Cyrille n'avait ecrit ni rec.u aucune lettre. II n'avait aucun livre dans sa chambre, hormig les Revelations de sainte Gertrude dont il faisait sa lecture habituelle. Ses Superieurs renvoyerent a Paris pour essayer de lui procurer soulagement d'une retention d'urine qui rincommodait; mais Dieu delivra completement le malade par une mort precieuse arrivee le n octobre 1673.

GCXVIII Du R. P. DOM VINCENT MARSOLLES

Voici un homme qui fut extraordinaire des sa naissance, car il fallut ouvrir le c6te de sa mere pour 1'introduire a la vie. II etait de Doue en Anjou (2) et appartenait a une bonne famille. Entre tout jeune dans FOrdre de Fontevrault (3), il en sortit a 1'occasion du differend

(i) D'apres le Necrologe de Saint-Germain-des-Prs, p. 26, Dora Cyrille Godin fut prieur k Saint-Fiacre. N

(9) Doa^-la-Fontaine; ch.-l. de canton, arrondissement de Saumur, Maine-et-Loire.

(3) Fontevrault, com. du canton de Saumur, Maine-et-Loire. L'abbaye de Fontevrault, dans 1'ancien diocese de Poitiers, fut fondee en 1099, sous la regie de saint Benoit, par le 8. Robert d'Arbrissel, et placee sous le vocable de la tres sainte Vierge. La premiere abbesse fut une pieuse veuve, Petronille de Chemille. Ce monastera devint le chef d'un ordre qui, approuve par Pascal II, se developpa rapidement et compta bient6t de nombreux prieures en France, en Angleterre et en Espagne. Presque toutes les abbesses appartenaient a de puissantes families et parmi elles on trouve des princesses de France. Pres de 1'abbaye des moniales le saint fondateur avait etabli un monastere, Saint-Jean de 1'Habit, dont les religieux devaient etre les chapelains. Par bonneur pour la tres sainte Vierge, et en memoire de la deference filiale que lui temoignait saint Jean 1'fivangeliste, le 6. Robert d'Arbrissel donna aui abbesses tout pouvoir sur les moniales et sur les religieux : de la devaient naitre de nombreux conflits, car certaines abbesses pret'endaien I exercer leur juridictioti meme dans les choses spirituelles. A 1'epoque de Dom Marsolles, Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille naturelle d'Henri IV, etait abbesse de Fontevrault. Forte de I'appui du roi Louis XIII, son frere, elie avait obtenu, le 8 octobre i64i, un arret qui reconnaissait son entiere juridiction. Gette illustre abbaye de Foutevrault est devenue une maison de detention.

qui s'eleva entre 1'Abbesse et ceux des religieux insurges centre la juridiction de celle-ci. L'Abbesse en effet, ayant gagne son proces, dit ouvertement a ses religieux que ceux qui n'etaient pas contents pouvaient aller chercher mieux ailleurs, et, sur cette parole, neuf ou dix des meilleurs sujets la quitterent pour entrer dans la Congregation de Saint-Maur, ou pour laplupart ils devinrent Superieurs. Parmi eux etait le P. Marsolles, alors simple diacre (i).

On envoya le jeune Marsolles a Saint-Melaine de Rennes, et, son noviciat acheve, il y fit profession le 7 septembre i643 a Tage de vingt-sept ans. La piete et la penetration d'esprit que Ton remarquait en lui des lors le firent nommer, peu apres, maitre des novices dans ce meme monastere. Dieu lui avait donne un talent particulier pour Men elever la jeunesse, et son exterieur suffisait a attirer vers sa personne. Sa haute taille, sa maigreur, son air grave, laissaient a tous ceux qui le voyaient 1'impression que ce moine etait un homme de Dieu. Cinq ans apres sa profession, Dom Vincent Marsolles etait elu prieur et maitre des novices a Vendome, emploi qu'il exerga six ans. En 1 654 il fut envoye a Saint-Remy de Reims pour y remplir les memes fonctions. La, il recut d'excellents sujets, notamment Dom JeanMabillon, Dom Thomas Blampin et Dom FrangoisdeLamy, qui depuis firent tant d'honneur a la Congregation par leurs vertus et leurs ecrits. Aux talents que Dieu lui avail donnes pour bien elever la jeunesse, Dom Marsolles joignait les exemples d'une vie irreprochable et austere. Pendant une maladie dangereuse dontil futatteint, on eut toutes les peines possibles a le resoudre d 'aller a 1'infirmerie ; malgre la fievre il continua de dire la messe tous les jours et il ne consentit a accepter que des viandes grossieres. Pendant sa convalescence, le depositaire lui avait fait servir une caille afin de lui reveiller 1'appetit; au lieu de 1'accepter, il fit venir le depositaire, et apres lui avoir fait une severe correction, il renvoya la caille et se fit servir deux ceufs.

Apres six ans passes a Saint-Remy de Reims, Dom Marsolles passa en 1660 a Jumieges et y amenagea la belle bibliotheque qu'on voit

(.1) Malgr6 1'aEfirmation de Dom Martene, Dom Vincent Marsolles etait pretre lorsqu'il quitta 1'ordre de Fontevrault. On lit dans VHistoire de I'abbaye royale de Jumieges ; Ses etudes achevees, 1'eveque de Poitiers 1'ordonna pretre, et le nomma confesseur. Le Pere de Marsolles se livra tout entier par obeissance aux penibles fonctions de ce saint ministere ; mais il ne les exerca que dix-huit mois, ayarit mieux aime se retirer du cansentement de 1'abbesse de Fontevrault, que de demeurer plus lougtemps dans un ordre ou elle A r enait d'obtenir toute juridiction sur les religieux { t. Ill, p. 187).

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aujourd'hui, a 1'occasion de laquelleil fut mis en penitence, et la remplit de bons livres. II n'etait cependant pas porte aux constructions superbes et se contentait de la simplicite de nos premiers Peres, persuade qu'on ne batit jamais sans que la regularity ne soit troublee et que le bon ordre n'en souffre. Lorsqu'il eut accompli six ans de superiorite a Jumieges, il y avait alors vingt et un ans qu'il remplissait les fonctions de Pere Maitre dans la Congregation. Dom Marsolles fut presque toujours depute aux Chapitres generaux. II arriya dans celui de 1666, si je ne me trompe/ qu'un des definiteurs etant tombe malade, on fut oblige de presider a 1'election d'un autre. Dom Marsolles fut elu, et il parut avec tant d'eclat dans le definitoire qu'on le regarda des lors comme un homme superieur, et on le fit prieur de Saint-Denis pour lui frayer le chemin au generalat.

Dans cette nouvelle dignite, le Reverend Pere, en depit de sa sante delicate, ne relacha rien de son genre de vie anterieur, et lorsque les affaires de son monastere 1'appelaient a Paris, il s'y rendait a pied. Un jour, qu'il devait faire la route avec Dom Nicaise de Bethizy (i), on leur donna un cheval pour eux deux. Dom Nicaise etait un gros homme qui avait peine a se trainer, aussi le Prieur lui ceda^t-il la monture. Mais a 1'entree dans la. ville, les harengeres, a la vue du moine en bon point a cheval et du prieur d^charne suivant a pied, se mirent a insulter le cavalier qui laissait ainsi cheminer ce pauvre frere. Et si elles avaient su que celui-ci etait non seulement pretre, mais aussi prieur de Saint-Denis, elles eussent ete Men plus choquees encore.

La prudence avec laquelle Dom Marsolles conduisait sa communaute apparaissait surtout dans la correction des fautes qu'il faisait si a propos qu'elle etait souvent suivie de ramendement. Prevenu un jour par le Visiteur qu'il y avail dans sa communaute un religieux devoye, il repondit qu'il le savait et que depuis six mois il epiait un moment favorable pour lui donner les avis salutaires et qu'il ne 1'avait pas encore rencontre. II etait en effet persuade qu'un superieur ne doit point faire de correction a ses religieux s'il ne voit qu'elle sera ulile au coupable ou a d'autres : car il arrive souvent qu'une correction faite a contre-temps irrite et ne corrige pas celui qu'on reprend.

(i) Dom Henri-Nicaise de Bethizy, ne k Mezieres.jiu diocese d' Amiens, fit profession, ftge de 19 ans, a 1'abbaye de Saint-Remy de Reims le 8 septembre i633. II mourut k Saint- Denis le 2 septembre 1684. II etait le frere de Dom Elie-Arnoul de Betblzy, profes de SaintrFaron le 3o Janvier 1629 et qui mourut k Saint-Sauveur de Redon le 28 fevrier 1668.

l3o DE LA VIE DES JUSTES

II y avait douze ans que le R. P. Dom Bernard Audebert gouvernait la Congregation avec une sagesse et une prudence consommees. Devenu aveugle a soixante-douze ans, il fallut lui donner un successeur au Chapitre general de 1672. Toutes les voix tomberent sur Dom Vincent Marsolles, le seul qui se jugea" t indigne de ce choix, et malgre qu'il n'eut etc ni Visiteur, ni Assistant, toute la Congregation applaudit a 1 s election (i). Ce flit pour le nouveau Superieur general une occasion de redoubler de ferveur, persuade qu'il etait de la necessite de commander par 1'exemple plus encore que par la parole. Tous les jours il assistait a matines et a la meditation, a six heures il celebrait la messe dans une petite chapelle proche de sa chambre. Son action de graces achevee, il s'enfermait jusqu'a sept heures et demie pour se recueillir et faire quelques lectures d'ficriture sainte ou d'un livre de spiritualite, les seules auxquelles il s'appliqudt. A sept heures et demie, il mettait la clef de sa chambre a la porte, donnait audience aux religieux qui avaient besoin de le consulter, ou bien commengait 1'assemblee si c'etait un jour destine a cela. Autant que les affaires de la Congregation le lui permettaient, il assistait journellement a la grand'messe et aux vepres. Bien que toujours pret a accueillir les religieux et a les consoler, il vivait tres retire et ne sortait que pour les interets les plus pressants de la Congregation. Dans les affaires de moindre importance, il se faisait remplacer par les officiers ou par d'autres Superieurs et, si on le demandait, il ne faisait nionter personne dans sa chambre, prenant lui-meme la peine de descendre. II n'en usait ainsi neanmoins qu'a 1'egard des personnes de qualite, comme pour des eveques, des abbes ou des seculiers du premier rang. Pour les autres, il envoyait son secretaire savoir ce qu'on lui voulait, et repondait par son entremise a ce qu'on sollicitait de lui.

On ne voyait Dom Marsolles en compagnie que lorsqu'il se rendait au Chapitre general ou a Saint-Denis. A 1'exemple de son predecesseur, il se rendait a pied en ce monaster'e a la mi-careme avec son secretaire et les Assistants pour y faire ses exercices et y vivre en retraite jusqu'a la fin de la diete, et alors retournait h. pied. II cherchait a inspirer aux Superieurs cet esprit de retraite et disait quelquefois que la Congregation ne tomberait en decadence que par les grands

(t) Dom Vincent Marsolles debuta dans les hautes charges de la Congregation en etant nomme, ainsi qu'il a ete dit, prieur de la Trinite de Vendome par les Ghapitres generaux de 16^8 et i65i. 11 fut toujours maintenu pendant deux triennaux dans les monasteres qu'il eut a gouverner : a Saint-Remy de Reims de i654 a 1660; a Jumieges de i6Co a 1666 ; a Saint-Denis de 1666 a 1672.

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dehors de ceux qui la gouvernaient. Aussi voyait-on rarement les prieurs venir a Paris de son temps, et il fallait des affaires Men urgentes pour qu'il leur permit ce deplacement. Quelques prieurs venant a la diete provinciale qui se tenait a Paris crurent qu'ils pouvaient profiler de cette occasion pour traiter quelques affaires a Paris : mais comme ils n'avaient pas demande permission, il les mit tous en penitence. Le Pere Brachet, qui sollicitait de lui facult6 d'aller faire ses exercices a Saint-Farpn, rec.ut pour toute reponse que rien ne i'empechait de les faire a Paris.

Ge fut encore cet amour de la .retraite qui porta Dom Marsolles, alors qu'il etait encore prieur de Saint-Denis, a s'opposer a 1'edition de saint Augustin. Le Pere Dom Bernard Audebert 1'ayant convoque en effet avec le Prieur de Saint-Germain et plusieurs autres pour avoir leur avis sur cette entreprise, Dom Vincent conclut pour la negative parce que, disait-il, ce travail repandrait trop les religieux au dehors. Apres son elevation au generalat neanmoins et lorsqu'il vit que 1'honneur de la Congregation etait engage dans cette affaire et 1'utilite que le public en retirait, il donna tous ses soins pour la faire continuer, et voyant le succes qu'elle obtenait, il fit entreprendre 1'edition des oeuvres de saint Ambroise. II prenait, au reste, une attention particuliere a ce que ceux qui etaient designes pour ce genre de travail n'excedassent pas les limites de leur etat par des sorties trop frequentes et il eloignait de Paris ceux qu'il voyait portes a en abuser.

II ignorait la chair et le sang. Au temps ou il etait prieur, lorsque M. son frere le venait voir, il avait cputume de le faire diner au refectoire proche de lui; mais une fois General, il ne lui offrit jamais meme un verre d'eau. Persuade que le bien de la Congregation depend presque entierement des Superieurs et que celle-ci ne se soutient que par le zele et la prudence de ceux qui sont en charge, Dom Marsolles s'appliquait avec un soin particulier a former de bons Superieurs; il ne mettait en place que des religieux exemplaires et, afin de leur donner plus d'autorite sur leurs subordonnes, il les mettait en penitence a* ils venaient a faillir, temoin Dom Claude Martin, prieur de Saint-Denis, qui fut traite de la sorte pour avoir, sur une simple autorisation verbale, construit la chapelle de Saint-Benoit.

Gomme il est difficile d' avoir du zele et de la fermete pour 1'observance sans revolter les religieux imparfaits qui ne peuvent souffrir les obstacles mis a leurs mauvaises inclinations, aussi Dieu permit-il que le R. P. Dom Frangois Chappe, sujet brouillon, suscitat a la Congregation une grande persecution par les Memoires qu'il fdurnit

aux puissances pour nous faire perdre les cinq abbayes de Chezal- Benoit. Dom Vincent Marsolles affronta cette tempete sans se deconcerter, et avec une grande patience ; il employa tous les moyens possibles pour soutenir le droit de la Congregation et, aux asssauts du pouvoir seculier, il n'opposa que la priere et les aumones auxquelles, par son ordre, s'associerent tous nos monasteres. Et ce. moyen reussit. Toutefois avant sa mort, il predit que la Congregation serait cruellement persecuted eomme il arriva aussitot apres.

Dom Vincent Marsolles fut continue 1'espace de neuf ans dans la charge de General, et la Congregation s'estimait heureuse d'avoir un si digne superieur ; mais au Chapitre general de 1681, sentant ses forces diminuees, il demanda avec instance d'etre decharge. Les definiteurs, le voyant si faible et si decharne qu'il n'avait plus que la peau sur les os, etaient d'avis d'obtemperer a cette requete ; mais 1'un d'eux fit remarquer que le gouvernement du Reverend Pere etait si utile a la Congregation que, quand bien meme il ne devrait vivre encore que peu de jours, il fallait le maintenir. Get avis rassura les autres et fut suivi, et il fallut toute la vertu du R. P. Dom Marsolles pour s'y soumettre.

II revint done a Saint-Germain-des^Pr6s et continua de nous y edifier par les exemples de sa regularite. Mais cela dura trois mpis a peine. Dans la nuit du i er au 2 septembre il fut tres incommode et dut se lever jusqu'a quinze fois. II n'en assista pas moins aux matines et a la meditation, puis celebra sa messe a 1'heufe habituelle. Mais son action de graces achevee, il fit appeler le frere infirmier et lui decouvrit son etat. Celui-ci declara qu'il fallait venir a rinfirmerie, decision difficile a faire accepter du Reverend Pere puisqu'il s'agissait de soulagement a prendre. Les deux Assistants avertis par le frere se rendirent aussit6t dans la chambre du malade et, a force d'instances, obtinrent qu'il se sournit a cet avis. Dom Marsolles, en entrant rinfirmerie, alia s'agenouiller sur 1'oratoire de la chambre et s'offrit a Dieu en sacrifice soit pour vivre, soit pour mourir. Le mal se declara immediatement avec tant de violence, qu'a la suite de la consultation qui eut lieu, les medecins le declarerent perdu. II recut les derniers sacrements k une heure apres minuit avec une tres grande piete et adressa a ses religieux en larmes une pathetique exhortation. Lorsque la communaute se fut retiree pour aller dire matines, il donna quelques avis aux Assistants touchant la Congregation ; puis il expira sur les cinq heures du soir, le 5 de septembre 1681. Au moment de 1'ensevelir, comme on cherchait a cet effet quelques mechants habits,

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on n'en troiiva pas de plus uses que les siens, d'ou Ton peut conclure du degre de perfection auquel ce grand General portait 1'amour de la pauvrete. On Ten terra le lendemain dans le choeur de la grande chapelle de la Vierge. Sa memoire est en veneration dans toute la Congregation (i).

Du R. P. DOM LAURENT DE BOURDEILLES

Dom Laurent appartenait a une bonne famille d'Auvergne et etait ne a Saint-Martin-de-la-Plaine (2), dans le diocese de Clermont. Age de 21 ans, il fit profession a Saint-Augustin de Limoges le 12 septembre 1624. II fut toujours un bon religieux et atteignit 1'age avance de quatre-vingts ans. II se trouvait dans I'eglise de Saint-Allyre liuit jours avant sa mort et, centre son habitude, il aborda une personne qui y priait devant 1'autel de saint Benoit et lui recommanda instamment la devotion a liotre bienheureux Pere, 1'assurant qu'elle en recevrait beaucoup de graces, ce qui lui etait arrive a lui-meme. II annonga en meme temps a cette femme qu'il n'avait plus que huit jours a vivre et qu'il mourrait tel jour et a telle heure. La veille de sa mort il fit avertir de meme uh ancien serviteur de son pere, que s'il desirait encore le voir, il vint promptement; s'il tardait d'un jour, il ne le trouverait plus en vie. Tout ce qu'il avait predit s'accomplit, et sa mort aririva le 4 Janvier i683.

(i) Sur Dom Vincent Marsolles, on peut voir : Histoire de I'abbdye royale de Jami&ges, t. Ill, p. i36-i4a ; Dom Mabillon, De quibusdam factis Beverendissimi P. D. Vincentii Marsoli, cong. S.Mauri Saperioris Gencralis, dans QEuvres Posthumes, t. Ill, p. 33-4a; Ndcrologe de I'abbdye de Saint-Germain-des-Pres..., p. 35 ; Dom P. Denis, Dom Vincent Marsolles, if Superiear General de' la Congregation de Saint-Maur, dans Revue Benedictine, 1911, p. Sgi-fti/i-

(a) Saint-Martin-des-Plans, com. du canton de Sauxillanges, Puy-de-D6me.

CGXX Du FRERE MARC-ANTOINE FOURNIER

Frere Marc-Antoine etait natif de Brignoles ( i) dans le diocese d' Aix ; ce fut un enfant de benediction, et son directeur mandait au prieur de Toulouse, en le lui adressant : Je vous envoie un postulant qui est meilleur que les prunes de son pays . II fit profession a la Daurade le i3 juin 1684 (a), et fort pen de temps apres il fut atteint d'un mal d'entrailles qui degenera en pourriture et dura 1'espace de six mois. A la vue des vers qui sortaient de la plaie, il repetaitcette parole d'Habacuc : Ingrediatur patredo in ossibus meis et vermis subter me scateat, ut requiescam in die tribulationis meae (3). Le jour de sa mort, fete de la Nativite de Notre-Dame, il raconta que trois dames venaient de lui apparaitre et que la principale des trois lui avait dit : Voila assez longtemps que vous souffrez, venez avec nous, vous ne souffrirez plus. II est aise de juger que cette grancle Dame etait la sainte Vierge et que frere Marc-Antoine alia commencer de vivre dans le ciel le jour ou elle etait nee sur terre. Consummates in brevi, explevit tempora muto(4). II mourut a Montoliou (5) le 8 septembre 1686, age de 21 ans.

(i) Brignoles, ch.-l. d'arrondissement du Var, ancien diocese d'Aix, actuellement de Frejus. Pays renomme pour ses prunes, (a) A 1'age de 19 ans. '

(3) Habacuc, ch. in, v. 16.

(4) Sagesse, ch. iv, v. i3.

(5) Montolieu, Montolioa, com. du canton d'Alzonne, Aude. L'Abbaye de Montoliou, Mons Oliveti, sous le vocable de saint Jean-Baptiste, fut fondee ou reconstruite vers 800 par an seigneur de la cour de Louis le Pieux, nomme Olomond et qui en devint le premier abbe. Gonnu d'abord sous le nom. de Saint-Jean de Mallast, ce monaslere eut a souffrir de di verses invasions. II fut entierement delruit en 1170 par les heretiques Albigeois. Simon de Montfort y rappela les moines en 1209. Trois eglises s'elevaient dans 1'enceinte de cetle abbaye, ou la Congregation de Saint-Maur fut introduite en octobre i65o.

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