LE REGARD QUI VOUS SUIT PORTE
ÉTERNELLEMENT LA PIÉTÉ d'une GRATITUDE
PLEINE d'envie
AOUT MCMXV
...J'écris an flanc d'une colline couronnée d'un moulin qui a cessé de moudre et qu'on prendrait de loin pour un vieux château ruiné, comme on en voit le long du Rhône. Cinq ou six pins retiennent le sol friable de cette terre inconstante, et l'on y trouve aussi quelques oliviers lumineux . Le soir tombe. Vesper commence de briller aux confins des nuits et des jours, sur cette pâle bande verte de l'occident serein qui reçoit le feu des étangs et de la mer voisine.
Le paysage a des formes calmes, précises, pourtant passionnées. Nulle part la mer et les terres ne furent divisées et tranchées avec plus de soin. L'air transparent qui prolonge tous les regards, trahit le moindre aspect des lieux et cependant laisse songeur comme les lignes troubles des plus incertaines contrées. Voici une vapeur qui monte, à point nommé, comme le dernier souffle de ce jour qui s'éteint; ses flocons diaphanes nous rayonnent de la lumière.
Cette lumière, un peu plus opaque que celle qui naît du ciel de midi, diffuse, dispersée, étendue à toutes les choses, n'altère les formes de rien, mais elle habille tout d'un voile décent et très pur. Ce qui se précisait avec une ardeur aveu