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suivant des bases régionales ou celles de certaines spécialités. Les ententes, les fusions, les communautés d'intérêt ont préparé les voies à l’amalgamation du degré supérieur, à la fédération des fédérations. C’est enfin que le besoin de la documentation intégrale s’est généralisé, la grande masse des travailleurs en est devenue consciente et les premiers essais faits sous ses yeux lui ont donné la conviction que, grâce aux méthodes invoquées, la fédération était possible, qu’elle serait faite le jour où on voudrait la faire.
En définitive, pour aboutir à l'union entre les grandes œuvres de bibliographie établies sur la base de circonscriptions régionales et de spécialités scientifiques, et, par suite, pour arriver à constituer le Répertoire Bibliographique Universel par la seule réunion des travaux particuliers, il suffit que l’entente intervienne sur six points. Ils tendent tous à ajouter, à l’utilité « nationale » et « spéciale » des travaux en cours ou proposés, une destination « internationale » et « universelle » :
10 Unité du format des fiches sur lesquelles sont publiés séparément chacune des notices ou renseignements biphostep une élémentaires. (Fiche internationale.)
29 Uniformité des règles de rédaction des notices dans leurs parties essentielles. (Code catalographique international.)
3° Unité de classification réalisée sous forme de symboles universels, mediums ou communs dénominateurs faisant office de classification auxiliaire et susceptible, pour les usages individuels, d’être traduite en les symboles de tous autres systèmes particuliers de classement, au moyen de simples tables de concordances. (Classification bibliographique internationale.)
40 Etablissement dans les centres d’études des divers pays de Répertoires Bibliographiques conçus sur une base universelle, alimentés par les travaux bibliographiques publiés par les groupes affiliés, mais dont les notices sur fiches soient unifiées suivant les cadres homogènes de la classification adoptée. (Répertoire Bibliographique Universel.)
. 5° Unité dans le programme des travaux établis de commun accord afin de répartir conventionnellement l’aire du domaine bibliographique que chaque groupe assume de défricher pour lui-même et pour les autres. (Bureaux régionaux et spéciaux.)
6° Institution centrale, émanation de tous les groupes, chargée pour compte commun de veiller à l’unité de la méthode, de diriger les travaux de la coopération, de faire à chaque groupe affilié la distribution des publications élaborées par l’un d'eux; enfin, de conserver l’exemplaire prototype du Répertoire Bibliographique Universel, résultat dernier de l’organisation et fruit des travaux de tous." (Office international.)
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L'’entente sur ces six points est-elle au-dessus des forces du temps présent? Des organisations autrement complexes et difficiles, parce qu’elles touchaient à des intérêts matériels ou à des questions d'amour propre national, ont pu être réalisées jusqu'ici, organisations qui doivent faire croire à la possibilité d’une telle entente.
Puisque, dans la plupart des pays, les grands organismes du livre constituent des services publics et non des entreprises privées, il paraît logique de faire assumer la tâche de la communauté de l’organisation internationale par la communauté des Etats eux-mêmes, secondés par les Académies et les institutions scientifiques et administratives (1). Les connaissances scientifiques et techniques n’ont pas à connaître les frontières de chaque Etat et l'établissement d’un Répertoire Bibliographique Universel est en soi une œuvre trop considérable, non seulement pour être laissée à l'initiative desparticuliers, mais aussi pour être assumée par un seul Etat ou sépa rément par chacun des Etats (2).
Une Umion internationale pour la Documentation, fonctionnant sur des bases analogues aux Unions qui ont été créées pour les échanges internationaux, pour la protection de la propriété artistique et littéraire, pour la publication des tarifs douaniers, viendrait sanctionner et coordonner définitivement tant d’admirables efforts encore isolés. A l’aurore du xxe siècle, si plein d’admirables promesses, une telle Union permettrait enfin à l'Humanité de posséder ce que consciemment ou inconsciemment elle a toujours recherché : une organisation générale des échanges intellectuels (3).
PAUL OTLET.
(1) Voir le vœu émis en ce sens par le Congrès d'expansion mondiale de Mons, reproduit plus haut, Bulletin, 1005, p. 168. — Voir aussi le vœu émis par la première conférence bibliographique internationale de 1805, Bulletin, 1895-1806, p. 7: « La Conférence émet le vœu de voir le gouververnement fonder une Union bibliographique universelle en vue de la création d’un Office international de Bibliographie, »
(2) Les subsides des Pouvoirs publics et des Mécènesde la science sont indispensables pour mener à bien les travaux bibliographiques. Longtemps on a pu penser qu’il suffisait d'attendre des seuls abonnements les ressources qu’exigent leur préparation et leur publication. C’est une illusion qu’on ne peut plus conserver aujourd'hui. Long est le martyrologe des publications bibliographiques commencées sous les plus heureux auspices, bien conçues, rédigées par des personnalités compétentes et laborieuses mais qui ont fini par sombrer faute de ressources, Rappelons les exemples suivants : Aux Etats-Unis,l’/rdex Medicus,fondé il y a vingt-cinq ans et connu dans le monde entier,fut interrompu deux fois, en 1884 et en 1880, et, aujourd'hui, il ne doit sa continuation qu'à l'intervention de la Carnegie Institution. En Angleterre, le Review of Reziews Index to Periodicals a disparu après douze années de publication ét n’a pas encore été remplacé. En France, la belle publication de Jordell a cessé de paraître. En Allemagne, Dietrich a dû renoncer à sa bibliographie des comptes rendus. C’est à l'impossibilité où s’est trouvée la Royal Society, de Londres, de poursuivre la publication du Catalog of Scientific Papers qu'est due l’organisation officielle actuelle de l'International Catalogue.
(3) Sur l’organisation des Unions Universelles, voir En. Descamps, Zes Offices internationaux et leur avenir, Bruxelles, Hayez, 1894, 106 p.
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Syracuse, N. V.