LE NOTES
presque détruits: les doigts ont l'aspect de boudins difformes; les articulations sont épaissies, noueuses; la peau est sèche, épaisse, fendillée par places, elle présente des ulcérations discéminées, plus ou moins cicatrisées, ou de véritables fentes dans les plis articulaires.
A chaque instant les mains s'infectent et deviennent le siège de panaris et de phlegmons indolores, lents à guérir.
Il existe en outre des signes incontestables d’une syringomyélie : troubles de la thermo-sensibilité s'étendant jusqu’à la ceinture, plaques de thermo-anesthésie complète sur lavant-bras droit et sur l’épaule gauche, réflexes un peu exagérés, scoliose, éruptions cutanées, etc.
Le malade n'a jamais quitté son pays et de Lave de M. Ch. Du Bois il ne peut être question que de lèpre. La maladie s'aggrave progressivement, mais lentement.
OBseRvaTIoN JIL.
(G. Gui.BauD, Gazette médicale de Nantes, 1* mai 1926.)
I] s’agit d’un homme de 51 ans dont le métier consiste à faire des tapis + chambre. Il eut, il y a trente ans, un premier panaris de l’index gauche, suivi de rétraction des tendons fléchisseurs.
Il y a quinze ans, il fit successivement des panaris de tous les autres doigts de la main gauche. En 1914, à la suite d’une piqüre, il eut un panaris du pouce droit. En décembre 1924 un panaris de l'index droit.
En mai 19925, il fit sans traumatisme un panaris du médius droit.
Son annulaire et son petit doigt droits sont aussi altérés et la paume de la main est rétractée.
On note une diminution très nôtis de la sensibilité thermique et tactile, surtout au niveau de l’index et du médius droits.
Le 19 mai 1925, on peut, sans anesthésie et sans provoquer aucune douleur, faire un curettage de la 3° phalange du médius.
. Le malade, entré à l’Hôtel-Dieu le 16 mai, en sort le 6 juin.
Il y revient le 25 septembre ROUE un panaris du pouce gauche. Morvan 2
NS
L'étude de la sensibilité montre une anesthésie complète de l’index droit, une grande diminution de la sensibilité thermique et tactile dans les territoires du médius, du cubital et du radial aux mains.
La sensibilité reparaît bien qu'atténuée sur les avant-bras; elle
est normale au niveau des bras.
Peu musclé et d'aspect chétif, le malade ne présente pas d’autres
lésions ou troubles:
ETIOLOGIE
On avait pensé que la Bretagne pouvait être un terrain favorable à l’éclosion de la maladie, Morvan, dans sa région, en avait étudié 20 cas, mais c'était en trente ou quarante ans de pratique. Le docteur Lenoble (de Brest) n'en a vu, en vingtcinq ans, que 4 cas. Au surplus, un peu partout, on a observé
le panaris analgésique. , Iest à remarquer que celui-ci ne se produit pas deux fois dans la même maison; c’est dire qu’il n’est pas contagieux.
Est-il héréditaire ? Il ne le semble nullement.
On a parlé d'influence de la mer et de la nourriture par les poissons; en des pays terriens, comme en des pays maritimes, la maladie de Morvan a été constatée.
Morvan remarque que, parmi ses malades, les hommes étaient la majorité. La jeunesse lui semble une prédisposition.
L'étiologie est donc obscure.