‹ L'État Actuel de la Maladie de MorvanChapitre 11 sur 14 · ANATOMO-PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

ANATOMO-PATHOLOGIE

Des troubles pareils avaient fait penser au praticien breton que le siège des lésions anatomiques se trouvait au niveau de la moelle cervicale, « dans le renflement cervical, entre la sixième paire cervicale et la première dorsale, où elle se cantonne, du moins au début, et d’où elle ne sort que rarement ». Il admettait aussi la lésion des nerfs périphériques, consistant en des névrites. Il se refusait à rattacher la parésoanalgésie à la gliomatose médullaire, c’est-à-dire à la syringomyélie.

Le premier examen anatomo-pathologique fut fait par Monod et Reboul en 1888. Les deux auteurs examinèrent des doigts amputés et y découvrirent des lésions avancées des nerfs. . Il y avait donc, dans la maladie de Morvan, une névrite périphérique incontestable. Mais quelles étaient les lésions de la moelle ? Gombault et Reboul firent, en 1881, l'examen anatomique d’un cas observé par Prouff. Ils reconnurent les lésions de névrite. À la moelle, ils ne découvrirent pas de gliomes et, par conséquent, de cavité dans ces gliomes. Cela semblait donner raison à Morvan qui attribuait une individualité au type morbide qu il avait décrit, et Charcot était de son avis dans une leçon qu'il fit, en septembre 1889. Joffroy et Achard eurent alors l’occasion d'examiner un malade qui avait succombé à la Salpêtrière. Ils trouvèrent dans la moelle une cavité creusée dans la substance grise dont les parois étaient constituées par du tissu gliomateux, tissu fibrillaire onduleux, très ténu, avec proliférations des cellules de la névroglie. Ils retrouvaient cette myélite périépendymaire qu'ils avaient étudiée dans la

ASF ONTU

syringomyélie. Is firent, en 1891, une nouvelle autopsie et

- virent que les lésions étaient celles d’une syringomyélie typi-

que. La question en est là. Tous les auteurs ne sont pas d’accord et les observations anatomo-pathologiques, qui eussent dû résoudre le problème, sont loin d’avoir fait l'unanimité: les lésions névritiques laissent plusieurs en suspens, Déjerine par exemple.

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