Recueil précité, Annexes 134 à 146, p. 119 et suivantes
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Secondé par l'appui financier et moral de la charité privée, cet office a fonctionné à l’entière satisfaction des intéressés. D'autre part une Société de la Croix-Rouge luxembourgeoise fut constituée d'urgence, sur la base de la Convention de Genève du 6 juillet 1906,et un arrêté du 9 août 1914 lui accorda la reconnaissance officielle. Elle fonctionna, avec le concours désintéressé de médecins et d’infirmières, sous la direction des notables du pays, sans distinction de parti ni de confession. - Elle assura aux blessés de toutes nationalités les meilleurs soins.
F) Correspondance diplomatique
D’après les principes du droit des gens, les gouvernements
neutres doivent pouvoir correspondre librement, même en temps
de guerre, avec leurs représentants diplomatiques. L'action {du gouvernement, en ce sens, ne peut être paralysée par des mesures prises par les belligérants.
C'est là une prérogative universellement reconnue aux pays
* neutres. :
Cependant, tout en la reconnaissant en principe, l'autorité allemande n’a cessé d’apporter des entraves à la correspondance du gouvernement grand-ducal avec ses Légations. Elle ouvrait les plis, ou ne les transmettait qu'avec de grands retards. Elle invoquait, suivant son habitude, des prétextes
. = manifestement erronés, prétendant qu’il ne s'agissait pas de plis remplissant les conditions exigées d’un acte diplomatique, que c'étaient des lettres privées, etc... ; parfois même, elle ne donnait aucune excusè.
Le gouvernement luxembourgeois protesta à maintes reprises contre ces allégations et réclama, d’ailleurs en vain, plus de correction de la part des services de contrôle et un plus grand respect de ses prérogatives diplomatiques, comme Etat neutre. Ici encore la tendance constante de l'autorité allemande à été d'oublier la qualité de neutre du Luxembourg et de le considérer non seulement comme territoire occupé, mais comme théâtre de la guerre, La correspondance avec le ministre d'Italie résidant à Rorschach, en Suisse, donna lieu à des difficultés particulières, Un pli du 27 septembre 1916, renfermant onze
annexes, émanant du service institué à Luxembourg pour la protection des intérêts consulaires italiens, n’était pas arrivé à : destination. À trois reprises, le ministre d'Etat attira l'attention du gouvernement de Berlin sur la nécessité de rétablir les relations postales avec la légation d'Italie.
Le 18 janvier 1917, le cabinet de Berlin répondit, qu’en raison de l’état de guerre entre l'Italie et l'Empire allemand, l’autorité militaire ne pouvait tolérer une correspondance postale par lettres entre le ministre d'Italie et le gouvernement luxembourgeois. Mais au mois de mars suivant, il accepta les lettres ouvertes adressées, par le Luxembourg, aux gouvernements des pays en guerre avec l'Allemagne, par l'intermédiaire du ministre des affaires étrangères. Enfin le 5 mai, il admit les lettres fermées,
Le gouvernement de Luxembourg n’accepta pas cette manière de procéder et c’est seulement à la fin de 1917, après la création d’une légation luxembourgeoise à Berne, que des relations suivies purent être reprises avec le ministre d’Italie.