‹ L'État Actuel de la Question du LuxembourgChapitre 24 sur 45 · PURE RE · texte numérisé non relu

PURE RE

Marie-Adélaïde n’a pas oublié ses origines prussiennes et elle s'est entourée d’une cour d’esprit germanique. La jeune Souveraine, mal conseillée par sa mère et par son entourage, a accepté de bonne grâce, après un simulacre d'opposition, la décoration et les bouquets de roses que lui apportait avec ostentation le Kaiser, plus par habileté que par galanterie.

On l'a vivement blâmée d’avoir reçu au château de Berg, le 16 août 1918 x visite du comte Hertling, chancelier de l’Empire allemand, Quelques jours après, le 26 août, le gouvernement était informé des fiançailles de la princesse Antonia, sœur de la Grande Duchesse avec le prince héritier de Bavière. Malgré le rapprochement les dates, le gouvernement a contesté que la visite du chancelier eut trait à ces fiançailles, et il a affirmé que, dans l’entretien, il ne fut touché ni de près, ni de loin à cette question. Une discussion eut lieu à ce sujet, à la Chambre des Députés de EHSmboure: le 3 septembre 1918 et le ministre - d'Etat a confirmé qu'il n’y avait aucun rapportentre la visite et les fiançailles.

Le recueil des actes diplomatiques (1) s'exprime à ce sujet dans les termes suivants : « La visite avait un caractère privée. « Aucun membre du gouvernement n’y assistait. C’est encore « pour ce motif que le gouvernement n’avait aucune qualité pour « déconseiller à la Grande Duchesse de recevoir le comte Hert- « ling dont la visite ne pouvait du reste guère être déclinée à un « moment où l'Allemagne était représentée à Luxembourg et le « Luxembourg à Berlin. »

Cependant l'entretien ne se borna pas à des sujets d'ordre privé et des questions politiques y furent agitées : « Malgré le « caractère intime de la visite, le gouvernement crut qu'il fallait « profiter de l’occasion pour mettre le chancelier à titre officieux, « au courant des faits et gestes de l’armée occupante et pour « protester à nouveau contre les abus d'autorité dont le pays « avaitsouffert et souffrait encore. À cette fin, une note détaillée. « avait été remise à la Grande Duchesse, et c’est à l’aide de ce « document que la Souveraine énuméra les violations commises « contre la neutralité du pays. Le chancelier répondit qu'il « ignorait tous ces faits et il promit d'y remédier dans la mesure « de ses forces.

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