Recueil précité, p
à ii Ge
« Après le déjeuner qui eut lieu le même jour, le ministre « d'Etat, qui y avait été invité, invoqua à son tour la neutra- « lité du pays pour appuyer les paroles de la Grande-Duchesse, « Lerchancelier pria le ministre d'Etat de l’informer, par l'inter- « médiaire du chargé d’affaires luxembourgeois, de tout fait « dont le gouvernement aurait à se plaindre de la part de « l'autorité militaire. »
A ces divers actes de la Grande-Duchesse, le gouvernement n’a pas attaché une très grande importance. Il s’est éfforcé d’en écarter tout caractère politique et de les maintenir sur lé terrain des relations purement privées ; il a tenu à se conformer strictement aux devoirs de neutralité du Luxembourg, en en revendiquant les droits.
Les fiançailles de la princesse Antonia lui ont fourni une nouvelle occasion de manifester la fermeté de sa ligne de conduite. Informé par télégramme, le 26 août 1948 il affirme n’avoir pas eu antérieurement connaissance « de cet événement de « famille, qui se passa en Bavière à son insu et en dehors de « toute intervention de sa part (1) ». Le ministre allemand, M. Von Buch, manifesta son étonnement de l’absence de toute manifestation de la part des autorités et de la population du Grand-Duché. Il espérait, par cette démarche, provoquer quelque communiqué ofliciel’ ou des félicitations'du gouvernement. Mais celui-ci refusa d’entrer dans ces vues.
L’attitude du ministère d'Etat est donc restée constamment correcte. Avec une insistance digne d’être soulignée et malgré les changements de personnes, il ne s’est jamais départi de sa ligne de conduite, respectueuse des obligations que sa neutralité imposait au Luxembourg et revendiquant les droits qu'elle lui conférait.
On ne saurait en dire autant de l'attitude personnelle de la Grande-Duchesse. | À
Sans compromettre cette neutralité par un e consentement
tacite » aux actes qui la violaient, sa conduite s’est trop souvent
inspirée de ses origines dynastiques , elle s’est souvenue que la maison de Nassau était allemande et elle a oublié la spoliation dont ses ancêtres avaient été victimes de la part de la Prusse.
‘x, Recueil précité, p. xxx1v!