‹ L'État Actuel de la Question du LuxembourgChapitre 33 sur 45 · Rapport Widung, p · texte numérisé non relu

Rapport Widung, p

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avance ne permettrait pas à l'agriculture luxembourgeoise, en cas d'union avec la Belgique, de soutenir la concurrence belge sur le marché intérieur : il faut cependant remarquer que Ja forte densité de la population belge l’oblige à recourir pour sa consommation, dans une large mesure, à l’importation. Mais l'agriculture du Luxembourg, habituée à la protection de droits d’entrée atteionant jusqu’au tiers du prix de vente, aurait peine à défendre son pfopre marché contre les produits de la culture belge accoutumée aulibre échange.

Privée de son débouché vers Trêves par la défonciation de son traité avec l'Allemagne, l’agriculture luxembourgeoise serait aussi, par une union économique avec la Belgique seule, privée du débouché qu’elle avait en Lorraine ; elle subirait, en outre, la concurrence de la riche province du Luxembourg belge.

Dans une union douanière avec la France, elle trouverait au contraire un important débouché dans la région de Briey et de Longwy, avec des prix sensiblement égaux, puisque ces pays auraient la même protection douanière. Le rendement moyen à l’hectare est sensiblementégal à celuidela Lorraine; ilest supérieur à celuide Meurthe-et-Moselle, dans la proportion de 100 à 86 pour le blé ‘et de 100 à 70 pour l’orge et l'avoine.

Cette avance est plus sensible encore pour le bétail principale ment pour les bêtes à cornes et les pores qui constituent l'élé-

- ment essentiel de l'élevage luxembourgeois. Si l’on représente

par 400 l'elféctif des bêtes à cornes par 1.000 hectares de superficie agricole en Luxembourg, l'effectif est seulement, en Lorraine de 74, en Meurthe-et-Moselle de 26. Pour les porcs, en Lorraine de 71, et en Meurthe-et-Moselle de 21.

. Tant pour les céréales que pour le bétail, le Luxembourg aurait donc en France un débouché trèsimportant, dans les conditions de concurrence les, plus avantageuses pour son agriculture. Il profiterait en outre des immenses réserves de l'Alsace en sels de potasse tandis qu'il pourrait expédier en France les scories de déphosphoration qu’il possède en très grande abondance.

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