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II. — L’INDUSTRIE MÉTALLURGIQUE

C’est surtout au point de vue de l’industrie métallurgique qu’il faut examiner les conséquences d'une union économique

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du Luxembourg avec la France, C'est, en effet, l’industrie principale du pays. Les capitaux qui y sont engagés étaient évalués en 1913 à 350 millions de francs, dont 300 millions pour les usines et 50 millions pour les réserves de minerai de fer. La production en fonte, en acier brut et fini et en scories Thomas atteignait 275 millions de francs. L'industrie du fer occupait avant la guerre 18.000 ouvriers ;c’est elle quipermet à la balance du commerce du Luxembourg d’accuser un excédent d'exportation annuel de 50 millions de francs.

Actuellement l’industrie s’alimente exclusivement du minerai de fer du pays même; mais elle doit demander le charbon à l'étranger. Il faut donc étudier les résultats d’une union douanière avec la France, non-seulement au point de vue des débouchés de la production, mais aussi et d’abord au point de vue de l'approvisionnement en matières premières.

Pour le minerai, si l’industrie luxembourgeoise n’est pas actuellement tributaire de l’étranger, elle doit songer'à l’avenir. Les ressources ont été évaluées en 1908 par M.Limpach à 266934.000 tonnes de minette ; comme 50 millions de tonnes ont été extraites depuis, les réserves en minerai sont d'environ 220 millions de tonnes. Les hauts fourneaux ont consommé en 1913, 8.654.000 tonnes et des agrandissements récents ayant augmenté leur capacité de production, on peut prévoir une consommation annuelle de minerai de 9.200.000 tonnes.

Limitée à ses propres ressources, l'industrie sidérurgique du Grand-Duché verrait donc ses réserves s’épuiser en 24 années 220.000.000

9.200.000 qu'elle s’est assurée en Lorraine en 52 années environ. Elle doit donc chercher à se ménager une base d’approvisionnement à l'étranger.

Ce n’est pas à la Belgique qu’elle peut demander, celle-ci important 97,7 0/0 de sa consommation.

La France, au contraire, possède d'énormes ressources en minerai, accrues de 1.830 millions de tonnes par le retour de la Lorraine qui porte le chiffre de ses réserves à 5.600 millions de tonnes, suflisantes pour assurer la production métallurgique de la Hbute. sur le pied de 1913, pendant 130 années. En entrant dans une union avec la France, le Luxembourg serait

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