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Pour le fer et l'acier, le Luxembourg a produit en 1913, 1.431.906 tonnes d'acier brut, converties dans.les aciéries du pays en une production marchande de 1.182.227 tonnes dont 1.094.995 ou 92,6 /0 ont été exportées. La capacité de production actuelle des aciéries s'élève à 1.700.000 tonnes donnant une production marchande de 1 380.000 tonnes, dont 1.293.000 tonnes ou 93,7 0/0 pourront être exportées.
Avant la guerre, l'excédent d'exportation du Zollverein n’atteignait que 28,9 0/0 de la production marchande, de sorte que les pays qu'il englobait absorbaient plus des deux tiers de l’excédent de la production du Luxembourg.
Eu 1913, la Belgique produisait 2.619.000 tonnes de fer et d'acier brut, donnant une production marchande de 2.442.500 tonnes dont 50,5 0/0 ont été exportées. L'union avec le Luxembourg ferait après la période de rétablissement de quelques années, monter la production brute à 4.319.000 tonnes, la production marchande à 3.825.500 tonnes et l'excédent d’exportation à 2.526.556 tonnes correspondant à 66,1 0/0 de la production marchande et à 24,3 0/0 du disponible mondial pour l'exportation.
Le retour de la Lorraine donnera une grande importance au commerce français de l'exportation du fer et de l’acier qui, en 1913, n’atteignait que 256.922 tonnes ou 6,6 0/0 de la production. Sa production brute, la période de restauration passée, atteindra 6.954.500 tonnes dounant 5.828.980 tonnes de produits laissant pour l'exportation un disponible de 1.806.600 tonnes, soit 31 0/0 de la production marchande.
. L'’accession du Luxembourg ferait monter la production brute
à 8.654.500 tonnes, la production marchande à 7.208.900 tonnes et l'excédent d'exportation à 3.099.600 tonnes soit 43 0/0 de la production marchande. L'union franco-luxembourgeoise atteindrait ainsi 30 0/0, près du tiers, de l'exportation mondiale, nouvel avantage au point de vue de la balance du commerce et du change et comme procédé de compensation pour l’approvisionnement du charbon.
En outre, dominant le marché mondial et jouissant d’un marché intérieur développé, cette union pourrait, dans les périodes de dépression, absorber la concurrence étrangère en abaissant momentanément le prix de vente, assurée de trouver dans sa
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consommation intérieure un débouché suffisamment large pour absorber une bonne part de sa production, tout en trouvant, grâce à la protection des droits d’entrée, des prix de vente assez rémunérateurs. Au contraire, au cas d'union avec la Belgique, l’industrie luxembourgeoise ne trouverait, en période de dépression, qu’un marché intérieur n’absorbant qu’une faible partie de la production marchande de fer et d’acier et déjà saturé par un consommation sur place.
Enfin, englobé économiquement dans le territoire de la France, le Luxembourg bénéficierait au point de vue des transports, — point de vue d’une importance capitale pour les matières premières et les produits encombrants et lourds de l’industrie métallurgique, — des tarifs de chemins de fer français, comme sous le Zollverein il bénéficiait des tarifs de chemins de fer de Lorraine. Il n'aurait pas à craindre une lutte économique affectant la forme d’une hausse de tarifs. Obligée de compter sur la France pour son ravitaillement en minerai, l'Allemagne ne pourrait pas, non plus, pratiquer cette politique. Aussi bien vers l'Est pour son charbon, que vers l'Ouest pour l'écoulement de ses produits, l’industrie luxembourgeoise serait assurée de tarifs modérés.
En résumé, soit au point de vue de son approvisionnement en minerai, en charbon et en coke, soit au point de vue de l'écoulement de ses produits, soit au point de vue des transports, l’industrie métallurgique luxembourgeoise trouve du côté de la France toutes garanties de sécurité et des chances de par-
ticiper à la domination du marché mondial de la sidérurgie.