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dispensé d’avoir à olfrir des compensations, pour obtenir un minerai que l'extension croissante de la production métallurgique fera de plus en plus rechercher.
Pour sa consommation en coke (3.200.000 tonnes’en 1913) et en charbon (463.000 tonnes) le Luxembourg doit s’adresser à l'étranger. Son union douanière avec l'Allemagne lui assurait avant la guerre tout ce dont il avait besoin. La dénonciation de cette union fait aujourd'hui pour lui un problème capital de la recherche d’un marché d’approvisionnement en charbon.
A première vue, le Luxembourg semble avoir intérêt à se tourner dn côté de la Belgique, qui lui fournissait déjà 300,000 tonnes de charbon avant la guerre. La Belgique dispose de deux grands bassins houillers, celui de Haine-Sambre-Meuse dont les réserves sont évaluées à 15.400 millions de tonnes et celui de la Campine dont les ressources sont évaluées à 8.900 millions de tonnes, maïs qui ne produira un chiffre important que dans une dizaine d’années.
En 1913 la Belgique a produit 22.841.590 tonnes de houille crue, soit 86 0/0 de sa consommation, L’accession du Luxembourg porterait le déficit de la production de 14 0/0 à 27 0/0. En raison de l'insuffisance de quantité et de qualité des charbons à cokeindigènes et del’ exploitation des cokes de fabrication belge, sur une consommation de fines à coke de 4.601.750 tonnes en 1913, 60 0/0 seulement ont été de provenance belge. Pour le coke même, l'importation dépasse l’exportation de 14.408 tonnes. L'accession du Luxembourg au système économique belge porterait le déficit réel en coke à 4.561.408 tonnes et en fines à coke à 6.080.000 tonnes.
En France, la production de ne a été, en 1913, de 40.129.410 tonnes. La consommation se montant à 62.288.772 tonnes, n’était couverte que dans la proportion de 65 0/0 par la production indigène. D'après les déclarations de M. Loucheur à la Chambre des Députés, le déficit serait monté à 40 millions de tonnes, par suite de destructions systématiques de l'ennemi ; mais dans quelqués années les mines auront repris leur Ro
de production.
Pour le coke, la consommation de 6 millions de tonnes n’est
couverte par la production indigène que dans la proportion de 54 0/0.
FR Les réserves utiles de la France peuvent être évaluées à 16.400 millions de tonnes.
Tributaire de l'étranger pour son charbon et son coke, dans une plus large mesure que la Belgique, la France paraît donc offrir au Luxembourg pour son approvisionnement en charbon une situation moins favorable encore que la Belgique.
Mais l'avantage revient à la France, si l'on recherche comment la Belgique et la France se procureront le charbon quileur mangue. L'ancienne union douanière allemande qui fournissait de charbon le Luxembourg, la Belgique et même la France, avait un déficit de minerai montant à 24 0/0. de sa consommation. La perte du Luxembourg et de la Lorraine l’élèvera à 72 0/0. L'Allemagne sera fortement tributaire de l'étranger pour le minerai de fer. |
Or la France qui en a d'énormes réserves, possède ainsi pour obtenir du charbon, soit de l'Allemagne, soit d’autres pays, un puissant moyen de compensation, qui manque à la Belgique dépourvue de gisements miniers. « L'Allemagne aura besoin, « pour maintenir, dans les usines qui lui restent, la production « d'acier Thomas sur le mème niveau relatif qu'en 1913, des « minerais français, dont les quantités se chilfreat, sur l’échélle « des expéditions de 1913, à 8.800.000 tonnes ou seulement à «4.540.000 tonnes, si elle ne conserve pas le bassin de la « Sarre, représentant sur la base des prix de 1913 une valeur « de 36 ou de 18 millions de francs valeur à la mine. En outre, « son déficit en fonte brute sera de 1.700.090 ou de 700.000 tonnes, « ce qui représente, latonne de fonte Thomas calculée à 70{rancs, «119 ou 49 autres millions. Ensuite, l'Allemagne devra de plus « importer 416.000 ou 492.000 tonnes de mitrailles à 69 francs «la tonne, et 360.000 ou 490.000 tonnes de lingots d'acier à « 166 francs la tonne, ce qui constitue encore une dépense de « 88 ou de 115 millions, Ces iMportations reviendront à l’Alle- « magne ensemble à 243 on 182 millions de francs; ce qui «suflira dans les deux cas pour compenser les 10.450.000 «tonnes de cokes, dont l’union franco-luxembourgeoise aurait «encore besoin par-dessus sa propre production. Mais ce «qui compte davantage, c’est que l'Allemagne ne pourra pas « tixer arbitrairement, ni.le prix du coke, ni les frais de trans-
« port. dont nous avons fait abstraction dans notre cacul, sans «s’exposer elle-même à des représailles » (1).
Si, quittant le terrain des approvisionnements en matières premières nous passons sur celui de l'écoulement des produits de l’industrie métallurgique, l’avantage est encore pour le Luxembourg du côté français. L'énorme importance du capital immobilier de cette industrie, le rive à son emplacement et ne lui permet pas de se déplacer avec les changement dans les conditions de la concurrence. Comme l’agricuiture, sa prospérité et son existence même seraient compromises par la concurrence d’un pays libre échangiste comme la Belgique. Habituée à la protection du Zollverein, elle ne trouverait plus, dans une union avec la Belgique, que des droits environ trois fois moins élevés, tandis que le tarif français du 29 mars 1910 lui assurerait au contraire la protection de droits en us trois fois plus élevés que ceux du Zollverein.
En 1913, le Luxembourg a produit 2.547.861 nt de fonte dont 1.150.035 ou 45 0/0 ont été exportées. Une union avec la Belgique transformerait le déficit de celle-ci, s’élevant à 562.663 tonnes d’excédent d'importation, soit 22,6 0/0 de la production, en un excédent disponible pour l'exportation de 587.372 tonnes soit 18,3 0/0 de l’excédent mondial disponible pour l’exportation. La Belgique y trouverait un moyer de développer sa production d’acier et aussi un moyen de compensation.
La production française de fonte (5.122.091 tonnes) laissait en 1913, un excédent sur la consommation de 58.095 tonnes pour l'exportation. Le retour de la Lorraine porte la production à 8.985.615 tonnes dont 1.337.802 tonnes disponibles pour l'ex, portation. L’accession du Luxembourg ferait monter la produc-
tion de fonte à 11.685.618 tonnes et le disponible d'exportation à 2.487.837 tonnes, soit les deux tiers de l'excédent mondial disponible pour l'exportation.
L'union économique franco-luxembourgeoise dominerait ainsi le marché de la fonte et disposerait, avec son minerai de fer, d'un puissant article de compensation pour l’échange contre du coke et pour la fixation du prix de cession du coke par l’Allemagne.
1, Widung, Rapport précité, p. 65.