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VI. — LES TRANSPORTS

Nous avons déjà fait ressortir l'importance des tarifs de transport pour l'orientation économique d’un pays dont l’indus-

un cel

trie capitale a besoin de matières premières et exporte des produits pour la plupart lourds et encombrants, dont les frais de transports entrent pour une notable proportion dans les prix d'achat ou de vente.

Avant 1870, les Chemins de fer de Guillaume-Luxembourg étaient exploités par la Compagnie française de l’Est, alors qne le Grand-Duché était lié au système économique allemand. Mais les intérêts du pays n’en souffraient pas. Fermière de la Société Guillaume-Luxembourg, la compagnie de l'Est avait assumé l'engagement contracté par celle-ci envers l'Etat d’assurer une exploitation en rapport avec les intérêts économiques du pays. D’autre part, beaucoup derelations commerciales, tendaient alors vers la France et l’industrie métallurgique, intéressée à communiquer facilement avec le bassin houiller de la Sarre, était traitée sur un pied d’ égalité avec la Lorraine, les

tarifs étant établis d’après les mêmes principes que sur les autres

lignes de la Compagnie de l'Est.

Li situation effective n’a pas changé avec le passage des Chemins de fer Guillaume-Luxembourg sous l’administration prussienne, en vertu du traité de Francfort et des conventions

de 1872 ; les tarifs devaient être constamment maintenus en

Dur avec ceux en vigueur sur les Chemins de fer d’Alsace-Lorraine.

Depuis la dénonciation de ces conventions, le Luxembourg doit, avant tout, chercher des conditions de transport favorables pour son approvisionnement en minerai de fer et en charbon et pour l’exportation des produits de son industrie métallurgique,

c’est-à-dire des conditions égales à celles des usines de Lorraine désannexée et du bassin de Briey. Après la dénonciation des

accords avec l’Allemagne, la Compagnie de l’Est a demandé que les anciennes conventions antérieures au traité de Francfort fussent remises en vigueur.

Cette reprise n’aurait pas pour effet de rétablir intégralement la situation antérieure à 1870 et d'adapter intimement l'exploitation des chemins de fer luxembourgeois à celle des chemins de fer français. En effet, en 1870, tout le bassin minier connu et exploité était desservi par une seule compagnie : depuis 1870 de nouvelles usines ont été crées sur le parcours des chemins de fer Prince Henri, avec lesquels une entente serait donc

nécessaire. Il faudrait, pour sauvegarder les intérêts de l’industrie, la réunion, dans une même exploitation de tous les chemins de fer grand-ducaux, tant à grande sectionqu’à voie étroite, avec un tarif commun avec celui des chemins de fer de l'Est.

Comme on l’a vu plus haut, la France est actuellement en pourparlers avec le Grand-Duché pour l'établissement du régime des chemins de fer luxembourgeois (1).

Orientation politique du Grand-Duché de Luxembourg

La condition internationale du Luxembourg a toujours été des plus complexes. Au cours des siècles, il est passé successivement sous la domination des principales puissances de l’Europe : maisons de Bourgogne, d'Espagne et d'Autriche, France monarchique, révolutionnaire et impériale, pour être enfin lié à

a couronne de Hollande et à la confédération Germanique.

Ce défaut d'indépendance complète, pendant de longs siècles, a fait naître chez beaucoup d'hommes politiques et d'écrivains une fausse conception des véritables sentiments du peuple luxembourgeois. Il leur semble qu'un Etat, d'une superficie aussi minuscule, habitué à subir le joug de l’étranger, mieux encore à passer alternativement sous l’autorité de divers maitres, ne compte pas et qu'il lui soit indifférent de se voir à nouveau absorbé dans un groupe politique.

Parfois même, on ne prend pas la peine de le consulter. En 4871, le traité de Francfort fait passer les chemins de fer Guillaume-Luxembourg sous l’administration prussienne sans

l'avis préalable du gouvernement grand-ducal. En 1919, le

Luxembourg n’est pas représenté à la Conférence de la Paix, alors que 3.000 de ses enfants ont donné leur vie pour la victoire

des alliés et le président Wilson, par une dérogation surpre-

nante aux principes admis par les puissances de l’Entente, intervient dans les affaires intérieures luxembourgeoïises, en

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