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Un accord est déjà ‘intervenu sur la question des tarifs

« Les chemins de fer luxembourgeois, qui sont administrés par la Direction « des chemins de fer d'Alsace et de Loraine, ont accepté les nouveaux tarifs « français.

« La Chambre de commerce de Luxembourg avait protesté contre cette,

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opposant son veto à l’organisation du referendum sur la forme du gouvernement du Grand-Duché.

C'est surtout de la partde la Belgique que se sont manifestées ces tendances annexionnistes à l'encontre du Luxembourg. La défaite allemande, rompant les attachesgermaniques du Grand: Duché, quelle serait désormais son orientation ? Dès 1916, le gouvernement belge revendiquait, de la future conférence de la paix de du Luxemhourg à la Belgique. Le cabinet Ribot lui donnait acte de sa demande, assurant ainsi à la Belgique un droit de priorité sur le Luxembourg. C'était disposer du Grand- Duché sansson consentement étfaire bon marché des sentiments du peuple luxembourgeois. La même erreur fondamentale a conduit certains boites à demander l’annexion du Luxembourg à la France.

cie quelles considérations reposent ces vues annexionnistes ?

On peut dire que l’annexion du Luxembourg est une des revendications traditionnelles de la Belgique ; depuis sa naissance, elle n’a cessé de laformuler.En 1839, l'opposition de l'Angleterre l’avait empêchée de réaliser cette union à laquelle la France n’était pas hostile. L'incorporation au territoire belge de 4.400 ki-

Tomètres carrés, constituant la province belge du Luxem-

bourg, ne suffisait pas à son ambition. Le moment Juiparaissait bien choisi, en 1916, pour réaliser le rêve qu’elle caressait depuis 1830. L'Allemagne vaincue, le Luxembourg, délié de ses attaches germaniques, redeviendrait un domaine libre à attribuer. Qui était plus digne de le recevoir que la Belgique, premier rempart du monde contre la barbarie allemande ? Tandis que le Luxembourg n'avait opposé à l’envahisseur aucune résistance, la Belgique bien que neutre et faible elle aussi avait opposé à l'ennemi une héroïque défensé. Depuis 1839 elle ne cessaitde protester contre les « défauts de conformation » laissés par les traités à son territoire. Luxembourg alémanique et Limbourg hollandais formaient les deux princes d'une tenaille par lesquelles une invasion germanique pourrait l’enserrer. La guerre de 1914 avait montré le parti que l'Allemagne était sus-

« augmentation : mais le gouvernement a déclaré à la Chambre que l’intime « connexion des réseaux Alsacien-Lorrain et Luxembourgeois rendait

« impossible un tarif spécial pour le Grand-Duché. » L'exportateur français « 15 avril 1920 »:

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ceptible de tirer de cette situation géographique. L'incorporation du Luxembourg à la Belgique supprimerait cette menace.

A cette considération militaire s'ajoutent les avantages économiques à tirer d'une union avec un pays très riche en minerai de fer et parvenu à un haut degré de développement industriel.

Les partisans belges de la réunion du Luxembourg à la Belgique ne la présentaient d’ailleurs pas comme une véritable annexion. Parmi eux, on trouve des socialistes comme MM. Vandervelde et Destrée, et des défenseurs du principe des nationalités comme M. Baie. L’argument fondamental de la thèse c’est quil s’agirait moins d’une annexion que d’une désannexion. La Belgique récupérerait le Luxembourg comme la France l’Al: sace-Lorraine, et comme l'Italie Trente et Trieste.

L’assimilation n’est pas tout à fait exacte. La Lorraine et l'Alsace sont des terres françaises. Elles ont appartenu à la France pendant des siècles. Le traité de Francfort les lui a arrachées, malgré les protestations de la population, formulées par ses représentants à l’Assemblée de Bordeaux. La population est française de cœur. Pendant quarante-cinq ans ellen’a cessé de regimber contre le joug allemand ; les menaces de l'administration prüssienne n’ont pu réussir à la germaniser. La France a repris ses provinces comme terres françaises et

par la volonté unanime, quoique tacite,des populations. Ce sont

bien des terres désannexées « irredente ».

Le Luxembourg est-il terre belge ? En aucune façon. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler très brièvement son histoire. Il existe dépuis des siècles à titre d'Etat indépendant. Le

royaume de Belgique n’a reçu d'existence distincte qu’en 1831.

En 1815, les actes de Vienne opposent nettement la condition des Provinces Belgiques, à celle du Luxembourg, réuni par

une simple union personnelle à la couronne des Pays-Bas.

Guillaume Ier a beau s’efforcer de transformer l’union personnelle en union réelle,de confondre dans une même Chambre les Députés hollandais, belges et luxembourgeois, d’incorporer au trésor royal les recettes provenant de la vente des domaines luxembourgeois : il signe les traités de sa double qualité de roi des Pays-Bas et de Grand-Duc de Luxembourg sans mentionner ses titres belges, Jusqu’en 1830 le Luxembourg est un

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