‹ L'État Actuel de la Question du LuxembourgChapitre 9 sur 45 · PAS: VAR · texte numérisé non relu

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renforcée des autres Etats allemands. Pour l’éviter une conférence se réunit à Londres ; elle élabora un projet qui aboutit au traité de Londres du 11 mai 1667.

La solution adoptée était une transaction. Le Luxembourg restait au roi grand-duc ; sa neutralité perpétuelle était prononcée ; les Prussiens évacueraient la capitale dont les fortifications seraient détruites.

En apparence, c'était une satisfaction donnée à la France. Le Luxembourg conservait son indépendance avec le maintien de’ l'union personnelle sous le roi des Pays-Bas. A défaut d’une annexion, la France obtenait le retrait de la garnison prussienne, dont elle avait fait une condition sine qua non. Enfin, la neutralité paraissait devoir mettre le Luxembourg à l’abri des entreprises de la Prusse.

En réalité le succès était bien mince et la neutralité, d’ailleurs illusoire, était plutôt dirigée contre la France au profit de la Prusse. |

La neutralité était illusoire. En effet, l’article 2 du traité la plaçaïit sous la garantie collective des puissances signataires et non sous la garantie pure et simple stipulée pour la Belgique. Le chef du Foreign Office, Lord Stanley, attachait, à la garantie collective, des effets beaucoup moins étendus. Elle entraïinait, selon lui, l'obligation morale, pour chacun des Etats contractants, de respecter la neutralité garantie, mais ils n'étaient obligés de la protéger, par les armes, que collectivement, c'està-dire si tous les garants recouraient ensemble à des mesures protectrices. L’abstention d’un seul justifiait l’abstention de tous. à

Lord Stanley expliquait ainsi pourquoi l'Angleterre refusait au Luxembourg l'engagement pris envers la Belgique de défendre, par les armes, sa neutralité : « Noussommes un Etat « maritime, nous avons de grands intérêts commerciaux et « politiques à défendre en Belgique, et c’est ce qui explique la « garantie que nous avons assumée quant à ce royaume, qui à « nos yeux, se résume dans la position d'Anvers ; mais le «

Luxembourg n’a pas pour nous la même importance (1). »

1. Communication de Lord Stanley au Comte Aponyi, ambassadeur d'Autriche le 30 avril 1867. — Staatsarchiv, n° 3166.

En France, les esprits avertis ne s’étaient pas mépris sur les dangers de cette neutralité. Dès le 14 avril 1867; un ancien ministre des Affaires étrangères mettait en garde Napoléon III

contre ses conséquences : « Si la France, dit-il dans une note

« à l'Empereur, accepte cette proposition (de néutraliser le « Luxembourg), en voici les conséquences :

« 1° Au lieu d’une interdiction actuelle et temporaire, la « France sera placée sous une interdiction perpétuelle d’acqué- « rir par un moyen quelconque le Luxembourg ;

« 2° Au lieu d’avoir à disputer le Luxembourg seulement à la « Prusse et à l'Allemagne, elle aura devant elle l’Europe tout « entière et ses propres engagements. C’est ainsi que, pour un « incident de médiocre valeur, nous nous exposons à fermer à « notre politique de l’avenir toutes les issues et toutes les pers- « pectives » (1).

Insuffisamment garanti par une illusoire neutralité qui lui enlève l'espoir de compter sur La France, le Luxembourg reste à la merci des ambitions germaniques. k

La garnison prussienne évacue Luxembourg en septembre. L’ ion s’en montre courroucée et dépitées Elle ne peut se résigner à renoncer à cette terre qu’elle était habituée à considérer comme sienne. Le lien politique est rompu par la disso-

lution de la Confédération Germanique et par le départ des

troupes prussiennes. Mais il reste l’arme économique : le Zollverein. Le traité de Londres y maintient le Luxembourg. Dès 1867 Bismarck réorganise le Zollverein dans un sens unitaire, à l’image de la Confédération du Nord. La constitution économique de l'Allemagne continue à se calquer sur sa constitution politique et la centralisation s’accenture systématiquement au Reichstaget au Bundesrath ; on crée un Parlement fédéral et un Conseil fédéral douaniers, avec un président investi de l’autorité exécutive en matière commerciale et qui fut le roi de Prusse, à titre héréditaire, déjà président du Nordbund. Drouyn de Luhys ne se trompait pas sur la valeur du prétendu succès diplomatique remporté par la France à Londres. Dans la note du 4 juin 1867 à l'Empereur, il écrit : « La France avait manifesté quatre désirs... 4° Que « le Luxembourg, s’il

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