À. — LES HYPNOTIQUES ANTISPASMODIQUES
1° LES DÉRIVÉS DE L’ACIDE BARBITURIQUE : Le véronal ou diéthylmalonylurée procure à la dose thérapeutique de 0 gr. 25 à 1 gr. 50 un sommeil calme et reposant. Il ne comporte aucune contre-indication absolue,
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son seul défaut étant de déterminer parfois quelques vomissements.
Le dial ou dialylmalonylurée jouit des mêmes propriétés ; il se prescrit à la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 20. Le gardénal ou phényléthyl-malonylurée est également un très bon hypnotique. Il est employé à des doses variant de 0 gr. 10 à 0 gr. 80.
2° LE CHLORAL, ou plus exactement l’hydrate de chloral, est le plus employé. Par son action sur le système nerveux, il se comporte comme un anesthésique général, le sommeil qu’il procure est lourd et profond, pouvant aller jusqu’à la perte des réflexes et de la sensibilité.
Les tétaniques le supportent fort bien à des doses de 2 à 8 gr., per os ou en lavement. CHAOUAT, NOYER et DuBoucHER, d’Alger (4), sont allés jusqu’à 12 gr par jour sans que leur malade manifeste le moindre signe d’intolérance. Pour ROBINEAU, il aurait en plus de son action favorable sur les contractures et les crises convulsives, une action antianaphylactique précieuse. De plus, l'élimination de ce sel est rapide : 70 à 80 % sont décelables dans l’urine après dix-huit heures.
On a préconisé des dérivés du chloral (hypnal, somnal), mais le chloral est le plus employé. On se gardera cependant de le prescrire chez les malades dont le myocarde est défaillant, car il a une action dépressive sur le cœur.
3° LE SOMNIFÈNE ou diethyl-allyl-iso-prophylbarbiturate de diethylamine a été proposé par MM. Laré et ESCALIER (30). Ces auteurs ont obtenu la guérison d’un tétanos aigu généralisé par les injections intraveineuses de somnifène associées à la sérothérapie à haute dose, auxquelles a été adjoint un débridement avec nettoyage minutieux de la plaie. Guérison obtenue en
3 semaines. Ils conseillent de faire, une heure avant, une injection intra-musculaire de sédol (association scopolamine-morphine)
Le somnifène possède sur les hypnotiques précédents un avantage incontestable. Sa solubilité dans l’eau en permet l’emploi en injections sous-cutanées et intra-veineuses, le trismus interdisant souvent la voie buccale.
Il manque cependant d’une des qualités les plus appréciables : c’est la rapidité d’élimination. De plus, des cas de mort imputables à son emploi ont été publiés. La communication de A. RAviNA et GIROT, présentée par le Professeur CHAUFFARD à la Société Médicale des Hôpitaux, en mars 1925, relate un cas de mort après une injection intraveineuse de 10 cc. de somnifène. Les auteurs citent encore le cas d'André TARDIEU (mort après une injection de 6 cc.), le cas de Quercy et LANCELOT, qui, à la Société de Médecine psychique, ont également rapporté un décès.
Malgré ces publications, la grande majorité des auteurs reste fidèle au somnifène qu’on peut donner suivant les cas par voie buccale (de 80 à 100 gouttes en plusieurs fois), par voie rectale (même posologie dans un liquide), par voie intramusculaire (2 à 4 ampoules de 10 cc.), ou par voie endoveineuse (1 à 2 ampoules de 5 cc.) (PASGRIMAUD) (47).