B. — QUELLES SONT LES DOSES A UTILISER
Les doses massives ont conquis les suffrages de ceux qui les ont employées. Leur utilité n’est mise en doute par personne. C’est JOSÉ PENNA, de Buenos-Ayres, qui, le premier, en préconisa l'emploi en 1890. Les travaux ne furent connus en France que plus tardivement, mais déjà GAILLARD, en 1893, avait guéri un tétanique avec de très fortes doses de sérum. Il employait la voie sous-cutanée. SICARD, en 1904, obtint des succès par la voie intrarachidienne.
C’est seulement à partir de 1909 que l’on s’adressa plus couramment à des doses massives de sérum et dès lors les observations rapportées, principalement à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, deviennent nombreuses.
De fait quand on se reporte à ces observations on constate que les tétaniques qui ont guéri ont reçu des litres de sérum. Quelques chiffres seront plus édifiants qu’un long exposé.
CHEZ L'ADULTE : ARCHAMBAUD et FRIEDMANN (1) emploient 50 à 150 cc. par jour et arrivent en vingt jours à un total de 1 1. 420. La malade de l’observation VIIT de RAILLIET (53) (tétanos puerpéral) guérit après avoir reçu 2 lit. 235 de sérum, dont 260 cc. dans la cavité rachidienne. LABBÉ et ESCALIER (30) totalisent en trois semaines une dose de 2 I. 770. B. DesPLas et M. Poc- MAILLOUX (19) rapportent un cas de tétanos guéri avec une dose totale de sérum dépassant 4 litres,
CHEZ L'ENFANT, même taux : 1.000 cc. en 11 jours chez un enfant de 12 ans (PETRIDIS) (49). LEENHART, REvERDY et CHAPTAL (35-36) prônent eux aussi les fortes doses : 660 cc., dont 20 cc. intrarachidiens en douze jours de traitement chez un enfant de 9 ans. 450 cc., dont 120 intrarachidiens, en trois semaines, chez un garçon de 14 ans et même chez un nourrisson de 15 jours (tétanos à point de départ ombilical), 420 cc. dont 105 intrarachidiens.
Résultats parfaits, tolérance remarquable, sont les deux points sur lesquels insistent presque tous les auteurs. *
D'une manière générale, la quantité à injecter varie suivant la gravité de la forme observée, ce dont on jugera par :
la durée de l’incubation et le temps écoulé avant le début du traitement ;
le degré de la fièvre ;
l'intensité de la raideur permanente ;
la fréquence de sparoxysmes de contracture.