‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 10 sur 46 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire de la diphtérie comprend deux périodes bien distinctes :

Période présérothérapique ; Période de la sérothérapie.

La première s’étend depuis Arétée le Cappadocien dont les descriptions de l’ulcère syriaque ou égyptiaque constituent les premières données cliniques que nous possédons sur la diphtérie jusqu’à Behring et Roux.

La diphtérie pendant cette période ne constituait pas une maladie bien définie, jusqu’à ce que surgissent dans la deuxième moitié du xix° siècle les grands noms de Bretonneau et Trousseau. Pendant tous ces siècles, les examens de laboratoire étaient réduits au minimum ; seule la clinique régnait et la première allusion que nous trouvions à une modification du sang au cours de la diphtérie, remonte à 1858, à la thèse de Millard et est rapportée par Trousseau dans ses cliniques en ces termes : « Cette altération du sang consiste dans une coloration de ce liquide, très différente de la coloration normale; au lieu d’être

rouge plus ou moins foncé, il est brun et M. Millard

Ar RUE

compare cette couleur à celle du jus de pruneau, du jus de réglisse, elle tache les doigts, presque comme le fait la sépia. »

Peter, dans un mémoire paru en 1859, compare : « Cette coloration du sang à celle d’une eau dans laquelle on aurait délayé de la suie. Les viscères et les muqueuses qui en sont imprégnés présentent une teinte sale, caractéristique. Ce sang est trouble, légèrement bourbeux: les caillots qu'il forme sont mous et offrent une sorte de ressemblance avec du résiné trop cuit. Les artères au lieu d’être vides, ainsi qu’elles le sont habituellement après la mort, contiennent presque autant de sang que les veines. »

Quand les techniques de numération globulaire furent mises au point, de nombreux auteurs se préoccupèrent des variations de nombre des éléments figurés et les globules du sang furent étudiés par Bouchut et Dubrizay, Binault, Quinquaud, Besredka, Gilbert, Bezançon et Marcel Labbé.

Bize, en 1899, avait intitulé sa thèse Action des sérums de Roux el Marmorek sur les globules sanguins. Bize, en 1903 fit la sienne sur l’étude des modifications du sang chez l’enfant diphtérique, traité par le sérum anti-diphtérique.

A cette étude, nous devons également rattacher les noms de Von Lunbeck, Lowett-Morse, Gabritchewski, Ewing, Billing, Schlessinger, Sunanotto-Ettoré, Pitkianen, Felsenthal.

L'étude de la glycémie dans la diphtérie fut entreprise en 1922 par Lereboullet, P.-L. Marie et Leprat ;

Lt AA

en 1927, Pierrot dans sa thèse souligna l'importance de l’hypoglycémie dans les diphtéries malignes, puis en 1929 et 1930, des articles et communications de Lereboullet, David et Donato, auxquels succédèrent la: thèse de Donato, montrèrent l'importance des dosages de sucre et de cholestérine pour le diagnostic de l’insuffisance surrénale dans les diphtéries malignes.

L’azotémie de ia diphtérie fut particulièrement étudiée au cours de ces dernières années par Chalier et ses élèves Brochier, Chaix, Grandmaison qui montrèrent la grande fréquence des insuffisances rénales et surrénales dans l’intoxication diphtérique. La thèse de Molon, sur l’étude des complications rénales dans la diphtérie aboutit aux mêmes conclusions.

Perrimond, Cassoute, et Zuccoli, ont publié trois cas de diphtérie maligne avec rétention azotée.

P. Lereboullet, J.-J. Gournay et Donato, au début de cette année publièrent une étude sur La fonction rénale dans la diphtérie. Ils ne trouvent pas l’azotémie aussi considérable ni aussi fréquente que Chalier et ses élèves, mais concluent à la réalité de Patteinte rénale.

Enfin dans un certain nombre d’observations de diphtéries hémorragiques, nous trouvons signalée la prolongation du temps de saignement ; tel est le cas dans une observation de Rivet et Levesque, dans un article de Sabrazès, enfin dans une étude de Paisseau et Ducas sur les accidents hémorragiques de la vacci-

nation anti-diphtérique.

1% Landowski 2

Page 1