URÉE ET CHLORURES
L'urée. Sa formation dans l'organisme, ‘ses variations.
L’urée CO (AzH?}2 est un diamide, c’est le plus important des composés contenant l’azote, non protidique du sang : c’est dans l’urine que, pour la première fois, il fut isolé par Rouelle en 1773.
L’urée est une substance excrémentielle qui représente le terme ultime de la désintégration des protéides non nueléiniques. C’est un produit de déchet, le plus simple, au-dessous duquel l'organisme ne semble pas pouvoir descendre ; c’est une substance inutile, nuisible, qui doit être éliminée au plus tôt par l’urine et accessoirement par la voie intestinale et la sueur. | |
L'origine de l’urée est double : exogène, endogène.
La plus grande partie de l’urée est d’origine alimentaire provenant de la transformation des pro-
téides ingérés ; 100 gr. d’albumine fournissent
Mir: LR
25 gr. 64 d’urée. Pour certains chimistes, Fosse notamment, les albuminoïdes ne sont pas seuls à fournir de l’urée : les hydrates de carbone, les graisses mêmes en favoriseraient la production.
Quant aux nucléo-protéides, ils aboutissent au terme de leur désintégration, à la formation d’acide urique ; certains auteurs admettent que l’acide urique peut à son tour se transformer en urée ; mais l’opinion la plus générale est que cette transformation est impossible.
L'origine endogène de l’urée est représentée par la désintégration des tissus de l’organisme ; à l’état normal, cette source est très réduite.
Le principal laboratoire de l'uréogénèse est le foie ; mais la fonction uréopoiétique n’est pas uniquement dévolue à cet organe ; on trouve en effet un peu d'urée dans l’organisme après suppression expérimentale des fonctions du foie et Fosse croit que l’uréopoièse peut se faire dans tous Îles tissus.
L’urée estessentiellement caractérisée par sa grande diftusibilité, son taux est simultanément le même dans toutes les humeurs de l'organisme ; c'est ainsi que nous pouvons nous expliquer l'adaptation constante de l’excrétion uréique à sa formation. Si bien que chez l'individu normal, l’urée du sang reste à un taux assez fixe et peu élevé, car l’urée étant un produit de déchet n’a pas de seuil.
De tout ce qui précède, nous pouvons aisément déduire que les modifications du taux de Purée san—
LAN guine ne peuvent être dues qu’à des modifications
portant sur :
l'apport, la production, l’élimination.
Nous laissons de côté les causes de diminution de lurée sanguine qui n’offrent pas d'intérêt au cours de cette étude, pour nous attacher uniquement aux causes de l’hyperazotémie.
La cause la plus fréquente, la plus importante de la rétention uréique est celle qui est due à l’insuffi-
sance d'élimination.
Azotémie par insuffisance d'élimination.
Le syndrome azotémique des néphrites est dù à une lésion rénale qui entraîne la rétention uréique : ce sont Prévost et Dumas qui, dès 1823, ont mis en évidence les variations du taux intrasanguin de Purée, en montrant que chez un chien, après néphrectomie bilatérale, le chiffre de l’urée augmentait progressivement et rapidement ; les médecins croyaient que l’urée était sans toxicité et que sa rétention n'était pas la cause de lPurémie ; c’est Widal qui a reconnu que l'élévation du taux de l’urée sanguine était, dans un très grand nombre de cas, le témoin révélateur de l'insuffisance rénale et qu'il était d’un intérêt capital d'en suivre les variations.
Tout le mécanisme de l’activité rénale tient dans la