‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 26 sur 46 · INTERPRÉTATION · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION

Quelle est l'interprétation qu’il convient de donner à ces faits ?

Lerebouliet, nous l'avons dit, considère que l’hypocholestérinémie est une des conséquences de l’insuffisance surrénale ; nous avons suffisamment développé les arguments qui ont été donnés en faveur de cette hypothèse, pour ne pas avoir à ÿ revenir ; Mais nous pouvons nous demander si le seul fait de l’hypocholestérinémie suffit pour affirmer le diagnostic d'insuffisance surrénale ; sans doute, dans les cas où la déficience surrénale était manifeste, le chiffre de

la cholestérinémie était bas ; il en était ainsi dans

l'observation 12 ; l’enfant K, qui est le seul chez lequel nous avons trouvé de grosses lésions macroscopiques des surrénales, lésions caractérisées par une hypertrophie de la glande et des hémorragies; présentait le jour de sa mort, une cholestérinémie de

o gr.70.Mais nous avons également trouvé des chiffres très bas chez des petits malades chez lesquels nous

n'avons pas pu mettre en évidence de symptômes d'insuffisance surrénale. De même, au cours des autopsies que nous avons faites, nous n'avons jamais’ excepté dans le cas précédent, trouvé de lésions macroscopiques des surrénales ; sans doute à l'examen microscopique avons-nous trouvé le plus souvent une atteinte de ces glandes consistant en lésions congestives; l’hyperémie est en effet habituelle ; mais ces lésions sont relativement discrètes ; elles indiquent seulement la participation surrénalienne à la maladie générale qu'est la diphtérie maligne ; ce sont les lésions que l’on retrouve au cours de toute intoxica— tion.

Nous n’avons aucunement l'intention de nier le rôle de l'insuffisance surrénale au cours de certaines diphtéries sévères. Tous nos petits malades sont traités par l’opothérapie surrénale dont nous n’avons eu qu’à nous louer; nous voulons seulement nous demander si d’une part l'insuffisance surrénale est aussi fréquente que certains auteurs le croient, et si d’autre part, l’hypocholestérinémie habituelle de la diphtérie est toujours d’origine surrénalienne. Il faudrait,si l’on

croit cela,admettre alors que toutes ou presque toutes

Le SR

les diphtéries, présentant un certain degré de gravité, seraient accompagnées d'insuffisance surrénale. Mais certaines formes de gravité moyenne ne s’accompagnant pas de symptômes particulièrement malins, et surtout d’aucun signe clinique d’insuffisance surrénale présentent une hypocholestérinémie manifeste.

D'autre part, nous avons vu que toutes les maladies infectieuses, dès qu'elles atteignent un certain degré de gravité s’'accompagnent d’hypocholestérinémie, il faudrait donc admettre que dans toutes ces affections, les surrénales seraient atteintes. La diphtérie ne nous a pas semblé à cet égard se comporter autrement que toute autre toxi-infection et nous ne croyons pas que l’on puisse considérer l’hypocholestérinémie comme une preuve absolue d’insuffisance surrénale au cours de la diphtérie, pas plus qu’au cours d’une pneumonie ou d’une rougeole.

Il est certain que l’hypocholestérinémie de la diphtérie, comme celle de toutes les maladies infec-— tieuses, est d'une interprétation très difficile, étant donnée l'obscurité qui entoure encore le métabolisme des lipoides et l’on en est réduit aux hypothèses. Nous avons signalé que le jeûne et l’inanition abaissaient notablement le taux de la cholestérinémie. la plupart de nos petits diphtériques sont très sous alimentés ; la paralysie du voile qui se rencontre dans toutes les formes malignes, l’état de la gorge et des ganglions, rendent l’absorption des aliments souvent très difficile. Peut-on voir dans cette sous-alimen

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tation une des causes de l’hypocholestérinémie ? Nous avons vu que la cholestérine joue un rôle antitoxique ; ne peut-on penser qu'au cours de la réaction de nature inconnue, qui se produit entre les toxines bactériennes et la cholestérine, ou l’anticorps auquel peut-être sert-elle de support, les réserves du lipoïde s’épuisent rapidement au fur et à mesure qu’il est produit et que c’est pour cela qu’il existe en moins grande quantité dans le sang ? La diphtérie ne différant pas en cela des autres maladies infectieuses. Nous avons noté que dans quelques formes hypertoxiques tuant de façon foudroyante, le taux de la cholestérine, non seulement n’était pas abaissé, mais au contraire s’élevait au-dessus de la normale. Ne peut-on admettre que dans ces cas, la cholestérine déversée en grande quantité dans le sang par les organes chargés de la défense de l’organisme, n’a pas le temps d'exercer sa fonction antitoxique ou qu’elle en est empèêchée pour une raison encore inconnue, tenant, soit à la malignité du germe en cause, soit à l'atteinte de certains organes. ; Enfin, il nous reste une dernière question à aborder, c'est celle qui a trait à l’action du sérum. Les dosages que nous avons pu faire avant toute thérapeutique, nous ont donné des chiffres analogues à ceux obtenus quelques heures ou quelques jours après le début de la sérothérapie. Nous croyons que la sérothérapie n’a pas d'action directe sur la cholestérinémie et qu'elle n’agit qu'indirectement par l'amélioration des symp-

tômes de la diphtérie qui entraîne, ainsi que nous

ne l'avons dit, un relèvement du taux de la cholestérine. Quant à l’opothérapie surrénale, nous n’avons eu

aucune preuve qu'elle agissait directement sur la cholestérine.

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