OÙ
n'avait pas de glycosurie : ultérieurement, la glycémie redescendit à 1 gr. 20. Enfin, chez un de nos petits malades (obs. 57), la glycémie fut normale, même à la période d'état de la diphtérie. Chez tous nos petits malades qui ont guéri, aussi bien dans les formes malignes que dans les formes submalignes, le taux de la glycémie s’est relevé progressivement, atteignant la normale au moment de la convalescence.
Nous avons également recherché le taux de la glycémie au cours d’angines diphtériques moyennes et bénignes (obs. 66, 67, 68, 69, 70, 72, 73,74, 75,76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 86, 87, 89, 100) et les chiffres les plus bas que nous ayons trouvés au cours de l’évolution de l’angine ont été les suivants : o gr. 73, Oo gr. 7h;.0 1QT.. 00, Q SSr! 80, VO gr: 1730 0er, 1 gr. 06, o gr. 95, 0 gr. 66, o gr. 8b, 1 gr. o8, o gr. 65,0 gr. 64, 0 gr. 80, o gr. 80, o gr. 7o, o gr. 82, 0 gr. 73, 1 gr. 09,0 gr. 96, soit, une glycémie normale dans six cas ; une glycémie légèrement abaissée (ne descendant pas au-dessous de o gr. 80) dans cinq cas: une glycémie franchement abaissée dans neuf cas.
Comme précédemment le taux de la glycémie s’est relevé progressivement. suivant les progrès de la convalescence.
Nous voyons donc que même au cours des diphtéries moyennes et bénignes, l’hypoglycémie n’est pas
un phénomène exceptionnel.
OP
Séméiologie.
Le syndrome d’hypoglycémie a surtout été décrit au cours des accidents observés à la suite de l’insulinothérapie (1). Ce syndrome peut se présenter de façon variable. On a décrit une sensation de faim intense, souvent accompagnée de vertiges et d’an— goisse, parfois plus simplement d’énervement ; certains malades pâlissent brusquement ou ont des palpitations ; d’autres malades se plaignent d’avoir froid ou au contraire trop chaud et sont couverts de sueur. Quelquefois on ne note pas d’autres troubles, mais dans d’autres cas, les phénomènes observés revêtent un caractère plus inquiétant ; accompagnant l’angoisse, une impression de dépression profonde caractérise cet état encore peu grave, la pâleur est habituelle, des syncopes peuvent se produire; dans d’autres cas il peut y avoir une agitation considérable avec même parfois des crises convulsives généralisées. Dans les cas les plus graves, ces symptômes peuvent aboutir au coma et à la mort,
Rappelons que certains auteurs, en particulier M. Labbé et Guy Laroche ont insisté sur le manque de parallélisme qui peut exister entre le taux de la glycémie et l’apparition de manifestations hypoglycémiques.
Il est souvent difficile, parmi les symptômes infec-
1. Il a également été publié certains cas d’hypoglycémie spontanée notaminent par Guy Laroche, Lelourdy et Bussière.
Re
ONE lieux et toxiques qui accompagnent certaines mala-— dies, de démêler les symptômes propres de l’hypoglycémie. Nous les avons néanmoins recherchés chez nos petits diphtériques, et il nous fut parfois possible de retrouver certains de ces signes cliniques. Au cours des diphteries malignes hypertoxiques, cela nous fut tout à fait impossible, les symptômes bien connus de malignité ne peuvent pas être rapportés à telle cause plutôt qu’à telle autre, puisqu'il s’agit là d’une maladie générale s’attaquant à tous les organes. Mais au cours des diphtéries sévères ou même moyennes, nous avons à plusieurs reprises été frappés de faits analogues au suivant : Nous fûmes appelés d’urgence un soir auprès de l'enfant C... (obs. 26). Celle-ci était au neuvième jour d’une diphtérie grave qui paraissait évoluer favorablement et ne nous avait pas semblé dans un état particulièrement inquiétant. Aux dires de l’infirmière qui la soignait, l'enfant, depuis une heure environ, se plainat d’un malaise qu'elle ne pouvait caractériser ; elle était couverte de sueur, puis assez brusquement avait pli et perdu connaissance, ce qui avait incité l’infirmière à nous appeler. Nous avons trouvé en effet, une enfant très pâle, sortant à peine d’une syncope qui n'avait duré que quelques instants, mais elle semblait angoissée el présentait un certain degré d’obnubilation : le pouls était bien frappé à 84, la température normale : l’auscultation ne révélait rien d’anormal du côté du cœur, néanmoins l'angoisse et
la pâleur persistant, nous fimes à l'enfant une injec-
OS
tion intra-veineuse d’ouabaïne ; les phénomènes ne disparurent pas ; nous souvenant alors que le taux de la glycémie de cette enfant mesuré le jour même était de o gr. 64, nous avons tenté de lui injecter 200 cmc. de sérum glucosé par voie intra-musculaire, et nous avons vu l’enfant revenir progressivement à son état normal. Le sérum glucosé fut continué pendant plusieurs jours de suite et l'enfant ne présenta plus ces symptômes caractéristiques. Des signes cliniques analogues furent observés par nous chez d’autres enfants et particulièrement chez ceux dont les observations portent les numéros 25 et 44 ; ils avaient un taux de glycémie au-dessous de la nor-
male o gr. 65.
Interprétalion
L'interprétation de ces faits biologiques et cliniques est assez délicate : Si nous passons en revue les diverses causes possibles d’hypoglycémie, nous voyons que d'après ce qui est connu du métabolisme du sucre, les organes dont les lésions pourraient entraîner un abaissement de la glycémie sont : le pancréas, le foie, les capsules surrénales, le système nerveux.
Le pancréas et le foie sont tout à fait hors de cause au cours de la diphtérie. Il n’en est pas de même des surrénales ; nous n’avons pas à revenir sur ce qui a été dit à ce sujet dans notre chapitre sur la choles-
térinémie ;: mais ici encore, nous avons à nous
Su De
demander si l’hypoglycémie n’est pas plus fréquente dans la diphtérie que l'insuffisance surrénale et partant de là, si elle ne peut reconnaître parfois une autre cause : Dans un certain nombre de formes sévères et moyennes, nous avons trouvé le taux de la glycémie abaissé, sans avoir constaté de signes cliniques d'insuffisance surrénale.
Dans deux formes malignes (obs. 24,48), le chiffre de la glycémie était abaissé et à l’autopsie il n’y avait pas d’atteinte macroscopique des surrénales, l’examen histologique révélait seulement un peu de congestion de la glande.
Au contraire, dans l’observation 12, où l’autopsie nous à montré, ainsi que nous l’avons dit, d’importantes lésions macroscopiques des surrénales, le sucre du sang était de 1 gr. par litre.
D'autre part, et ceci de l'avis de tous les auteurs qui ont étudié la question, c’est avant tout au niveau de la corticale que siègent les lésions, la médullaire est ordinairement peu ou pas touchée ; or, c’est la médullaire surréuale qui joue un rôle dans le métabolisme du sucre.
Nous rappelons ce que nous avons déjà dit au Chapitre de la cholestérinémie au sujet du jeûne et de l’inanition et nous pensons que, ici encore, l’état de sous-alimentation dans lequel se trouvent nos petits malades peut avoir une certaine influence sur le taux de la glycémie.
Enfin, nous tenons à signaler que dans un certain nombre de cas (obs. 3, 4, 11, 31) les dosages simul-
On
tanés de sucre et de cholestérine nous ont donné des chiffres normaux pour le sucre et abaissés pour la cholestérine et in versement dans les observations », 6,43. Il nous semble donc difficile, de tirer une conclusion de ces faits en faveur ou contre l’insuffisance surrénale.
Enfin, il est un dernier élément dont l’importance est considérable dans le métabolisme des hydrates de carbone ; nous voulons parler du rôle du système nerveux.
Le mécanisme suivant lequel le système nerveux intervient dans le métabolisme du sucre est bien mal connu.
D'autre part, on sait depuis longtemps que la toxine diphtérique est neurotrope : il semble qu’il y aurait lieu de rechercher s’il n’y aurait pas dans l’action de la toxine sur les centres nerveux et les nerfs, une explication du trouble constaté dans le mécanisme régulateur de la glycémie.
Nous n’avons eu aucunement l’intention de trancher une question aussi complexe que celle des réactiens biologiques au cours de l'insuffisance surrénale, mais avons seulement cité quelques faits qui nous ont frappés par leur manque de parallélisme entre l'hypoglycémie et l’insuffisance surrénale.
P, Landowski 7