INTRODUCTION
Une étude sur les conditions économiques de la Lituanie se heurte à quelques difficultés. La difficulté principale consiste dans ce fait que la Lituanie, considérée comme telle, n’a possédé de frontière politique certaine ni au dernier siècle, ni à l’heure actuelle, quoiqu’elle forme un tout historique, ethnographique et économique. 11 n’existe pas, par conséquent, de statistique propre à la Lituanie, et il est impossible d’en établir une avec une précision satisfaisante, même en faveur du nouvel Etat lituanien, car ses frontières n’ont pas été jusqu’ici définitivement fixées. Les Lituaniens eux-mêmes désirent une Lituanie dans ses frontières ethnographiques (mais 'pas dans ses frontières historiques), avec certaines rectifications de frontières considérées comme nécessaires pour des motifs économiques. 11 s’ensuit que les anciens gouvernements russes de Kaunas, de Vilnius, de Souvalkai et de Gardinas, ce dernier tout au moins dans sa plus grande partie) devraient appartenir essentiellement à la Lituanie et lui appartiendront en eflfet selon toute apparence. Les données statistiques qui sont nécessaires à une
1 Celte étude écrite d’abord par M. le D' Purickis a été profondément remaniée à la suite de documents nouveaux ; notamment à la suite de l’apparition du Livre fondamental du D' Skaloveit : « Die Landwirtschaft in den litaiiischen Gouvernements. »
représentation exacte et précise de la situation économique et sociale d un pays n’apparaissent pas clairement au milieu des chiffres géants extraits des statistiques russes en nombre satisfaisant et avec la précision nécessaire, car tantôt les chiffres qui se rapportent à la Lituanie sont trop dispersés et tantôt les territoires lituaniens sont comptés avec d'autres régions.
C’est surtout vrai du gouvernement de Souvalkai que les Russes réunissaient à la Pologne, à ce qu’ils appelaient le « Pays de la Vistule ». Les statistiques qui sont complètes pour ce pays laissent mieux apparaître les lacunes nombreuses qui existent pour les trois autres gouvernements. Les statistiques que nous possédons sont en outre généralement vieilles et d’autre part, par suite de la guerre, il ne nous a pas toujours été possible de nous les procurer dans les bibliothèques lointaines. .Malgré tout, ce travail contribuera quelque peu à la connaissance globale de la situation économique et sociale en Lituanie, qui est encore si peu étudiée.
Les données statistiques dont nous nous sommes servis dans cette étude sont extraites en grande partie du Manuel de statistique polonaise, qui a été publié par MM. A. Lrzvzanowski et K. Kumaniecki, en igi5k On parle dans ces statistiques du territoire lituanien parce que les auteurs s’étaient fait un devoir de représenter la Pologne dans les limites de l’ancienne République polono-lituanienne. On pouvait apprécier ce procédé pour des raisons politico-nationales, mais pour des raisons économiques. on ne peut qu’être reconnaissants à MM. A. Krzyzanowski et K. Kumaniecki d’avoir réuni un ensemble de statistiques concernant la Lituanie. Puisque les données statistiques sont généralement empruntées à cet ouvrage, nous nous sommes servis du système métrique, que les auteurs emploient, ainsi que, parfois, du système monétaire autrichien. Une série de données statistiques importantes proviennent d’autres sources ainsi que du travail personnel de l’auteur,