‹ L'État économique de la Lituanie [microform]; extrait de Pro LituaniaChapitre 2 sur 14 · I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

I. GÉNÉRALITÉS

La situation économique de la Lituanie n’est pas mauvaise, elle a accès à la mer et se trouve entre la Pologne, l’Ukraine et

> Lorsque ce travail a été terminé, a paru le livre du O' Skaloveit (flie Lamhvirtscîmft in Acn litanischsn Gouvernemenls) qui a pu en partie être utilise.

la Grande Russie, éventuellement même la Russie Blanche et la Courlande; elle peut ainsi entretenir des relations commerciales directes avec beaucoup de pays et elle peut se livrer à un commerce de transit d une grande importance. En outre, elle est traversée par le puissant fleuve du Nemunas et par ses affluents comme partout un système circulatoire; il se relie à la Duna, qui est navigable, et peut-être même il se reliera au système de canaux masuraux polonais. La grandeur du nouvel Etat, ainsi que le chiffre de sa population ne sont pas encore connus avec précision, mais en tout cas, elles seront 1 une et l’autre si considérables qu’à ce point de vue la Lituanie ne comptera pas parmi les plus petits Etats d Europe. La nouvelle Lituanie aura une superficie de plus de looooo km^, avec un total de 5 à 6 millions d’habitants, même si elle ne comprend pas dans la totalité les quatre gouvernements lituaniens, comme on peut s’en rendre compte par le tableau suivant :

Gouvernement :

Superficie

Habitants

par km-

kni2

Kaunas

Vilnius

41 go8

i5qi

Souvalkai

Gardinas

Lituanie

Par là, elle dépasserait en grandeur la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Suisse, le Portugal, ainsi que les Etats balkaniques tels que la Serbie, la Grèce, la Bulgarie dans leur ancienne extension, et elle peut rivaliser en outre pour le chiffre de population avec la Norvège, la Finlande, la Roumanie et la Suède*.

ï En 1900, d’après le livre de Conrad, Hatidbtub di’r

[xiîiiiscijeu Œkonomii\

vol. 4, page 71,

léna iQio, tels étaient le chiffre de la population et la su

iperficie des Etats suivants :

Superficie

Habitants

Habitants par

en km-

km--i

Belgique (1901)

Hollande (1899)

Danemark (1906)

Suisse (1900)

Serbie (1905)

Grèce (1907)

Portugal et colonies (1900)

Bulgarie (1905)

Roumanie (1899)

Norvège (1900)

Finlande (1897)

Suède (1900)

D’un point de vue tout à fait extrinsèque, cela justifie donc 1 existence du nouvel Etat de Lituanie. Le territoire lituanien, auquel on peut donner, à grands traits, la forme d’un carré dont les coins seraient formes par les villes de Libau, Dunabourg, Minsk et Bialystock, jouit dans toute son étendue d’une grande uniformité de sol et de climat. D’après les recherches des géologues, les mouvements glaciaires ont définitivement fixé la physionomie du sol lituanien. Ils suivaient deux directions : venant de la région suédoise et de la région du lac Ladoga. Ces glaciers se réunissaient sur remplacement de la Lituanie actuelle; ils y déposèrent des moraines, formant ainsi le sol de la Lituanie, (^e phénomène se reproduisit quelquefois, et il résulte en Lituanie, de ci de là, quelque différence de niveau.

En général, toutefois, l’élévation de la Lituanie au-dessus du niveau de la mer est faible, car elle forme une plaine presque plate qui ne possède ni larges croupes ni hautes montagnes. La plupart du temps, on trouve dans la même couche des moraines composées de sable et d’argile dévoniens mélangés. On ne rencontre que rarement des couches de silurien et des couches de la pério’de calcaire. L argile et le sable, mélangés postérieurement à des couches de détritus organiques et végétaux, notamment à de la tourbe, forment le sol de la Lituanie actuelle.

Ce sol n’est pas aussi fertile que les « terres noires » de l’Ukraine actuelle, qui donnent un rendement abondant sans culture intensive. Il n’est pas aussi productif que les terres jaunes asiatiques, qui récompensent richement la culture intensive. 11 demande surtout de la paît de l’agriculteur une préparation soignée. Dans ce cas, le terrain n’est nullement mauvais. Récompensant ainsi le propriétaire suivant ses efforts, il astreint d’année en année l’agriculteur à un travail énergique. Le Lituanien, dont le sol ne recèle pas de richesse minérale, considère sans cesse que la culture de ce sol est la seule condition de son existence et de son avenir. Lorsque la chasse, la pêche, l’apiculture et le butin que l’on remportait à l’occasion des guerres entreprises contre les voisins, ne suffirent plus à satisfaire leurs besoins, les Lituaniens firent exclusivement appel à la terre de la patrie, pour y asseoir leur résistance ethnographique et économique.

Le climat de la Lituanie est considéré comme un climat maritime tempéré. L’influence de la mer Baltique est sensible dans

tout le pays. C’est par elle qu’il faut expliquer le grand nombre d’orages (538-6o6 mm.) et de jours pluvieux (120-146). Cela explique également l’été modéré et les froids d’hiver relativement peu rigoureux. La température moyenne de l’année hésite entre -f 4” et -f 5" Réaumur.

L’uniformité du sol et du climat, ainsi que le manque d’accidents naturels sur tout le territoire de la Lituanie, a pour résultat l’uniformité de la faune et de la flore qui, d’autre part, ont donné à leur tour un type uniforme d’agriculture en ce qui concerne les plantes que l’on cultive et les animaux domestiques. Les céréales qui sont le plus cultivées et le plus nécessaires, telles que le seigle, l’orge, l’avoine et d’autres, donnent indistinctement un rendement satisfaisant. Les arbres fruitiers (poiriers, pommiers, pruniers) réussissent également bien et ils sont aussi remarquables par la qualité de leurs fruits que par l’abondance de la récolte qu’ils donnent.

Les considérations qui précèdent donnent une idée de la Lituanie, qui est ainsi un pays au climat tempéré, où l’agriculture, quoiqu’elle ne soit pas très développée, l’est tout de même suffisamment dans presque tout le pays dans la mesure où cela est possible. Si l’on sort du carré formé par les villes de Libau, Dunaburg, Minsk et Bialystok, alors on trouve d’autres particularités géologiques et climatériques, en même temps que le type de l’économie locale prend évidemment un tout autre caractère.

La Lituanie manque de certains éléments nécessaires à un brillant dév'eloppement de tout temps : la Lituanie ne possède presque pas de minéraux. Sa principale branche d’occupation et le soutien de toute son économie est et restera dans l’avenir son agriculture, dont le développement dans le passé s’est heurté à de très forts obstacles.

Au XIX™^ siècle, la Lituanie se trouva presque sans droit entre deux peuples puissants, les Russes et les Prussiens, dont la situation économique était différente. La Russie était et est encore surtout un Etat agricole dont l’industrie est faiblement développée; l’Allemagne, «par contre, dont l’étendue comparée à celle de la Russie est peu considérable, mais qui est très peuplée, présente à l’heure actuelle une supériorité industrielle au détriment de l’agriculture qui n’est pas en état de satisfaire suffisamment les besoins de tout le peuple allemand.

Par suite de sa position médiane entre deux pays dotés d’une civilisation matérielle si différente, la Lituanie ~ qui est un pays s’adonnant presque exclusivement à Tagriculture — est visiblement réduite à échanger les produits agricoles lituaniens contre les produits industriels. La culture du sol dans la Russie ethnographique est en moyenne plus basse que la superficie cultivée en Lituanie, et sans le droit du plus fort accompagné de toutes ses conséquences, ’cest-à-dire la direction de toute la politique intérieure russe, la Lituanie aurait pû retirer un grand profit de son voisinage avec un pays industriel.

Cest ainsi que Ton peut expliquer, par exemple, le fait bizarre qui, par suite des tarifs douaniers protecteurs combinés avec les tarifs des chemins de fer russes, forçait les grandes villes de Lituanie à consommer les céréales des gouvernements de 1 intérieur de la Russie, tandis que la Lituanie, avec sa culture beaucoup plus intensive, devait vendre ses céréales à 1 étranger avec des droits de douane très élevés. Ainsi les traités de commerce avec l’Allemagne, qui étaient très défavorables pour la Russie, pesèrent surtout sur la vie économique de la Lituanie. Le peuple russe, qui trouvait son profit à la politique de protection douanière de l’absolutisme russe, pouvait encore baser sa vie économique au prix de l’existence de ses frontières, comme on peut le voir par l’exemple des tarifs des chemins de fer.

Approfondissons maintenant les points principaux de l’économie lituanienne : l’agriculture, l’industrie (petits métiers) et le commerce,

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