L'état et la mainmorte, ou La loi sur les biens de l'église
Une loi intelligente et hardie était votée, l’année de~tres par le Parlement, malgré d’opjuam résistances.
Yoici maintenant un pi .jet qui menace de détruire, ou tout au moins de dénaturer, cette œuvre patriotique.
Pourquoi, s’il vous plaît, un pareil •changement? Quelles en sont les causes, quels en doivent être surtout les •effets?
Les motifs ne manquent pas sans .
■doute: c’est une sorte de papier-monnaie qu’on a toujours sous la main et qu’il est facile de jeter au public. On peut regretter seulement, pour certains hommes d’Etat, que la politique n’ait pas encore trouvé le secret de lui prê-
ter, par un article de loi, l’irrésistible logique du cours forcé.
Qu’on multiplie les arguments tant qu’on voudra, la mesure qui vient d’être proposée est profondément regrettable. On était dans la région des principes ; on glisse, pour s’y traîner, dans l’ornière des expédients : une affaire prend la place d’une idée. Le droit nouveau, le droit de la révolution est invité à douter de lui-même et à se donner un démenti solennel en face de l’Europe. La loi trébuche, elle recule, elle se repent sous prétexte d’aligner mieux les chiffres. C’est une déroute morale pour le gouvernement et pour la nation.
Il est impossible que le Parlement se laisse entraîner dans une pareille voie.
On devrait, pour le croire, douter, en même temps, de son intelligence et de son patriotisme.
Florence, 4 février 1867.