LIMINAIRE
Titre vaste comme la mer elle-même, dont les flots sans cesse agités viennent du large battre le littoral.
Parler de la mer, c’est sous-entendre aussi bien la mer immédiate qui couvre et découvre la grève, que la mer proche et la mer lointaine.
Parler de l'Etat, c’est envisager la personne morale qui a un domaine terrestre et un domaine marin.
Dire l'Etat et la Mer, c'est étudier en Droit, toutes les relations qui existent entre cette notion abstraite — l'Etat — et cette entité concrète — la Mer.
Les uns ont séparé ce qui ne se sépare point : la mer et ses rivages, les droits de l'Etat sur la mer et ses droits sur le rivage, ou bien se sont cantonnés dans ‘une question de délimitation de ce domaine public maritime.
Les autres ont disserté sur une mer qui n'existe peut-être ni en fait ni en droit, mais qu’ils ont déclarée une, après l'avoir enserrée dans d’étroites limites arbitraires.
D'autres n'ont vu que le large et, perdus au loin, n'ont envisagé que la haute mer,
OT
Pourquoi se restreindre à une délimitation des rivages ? Pourquoi ne jamais parler du domaine public maritime dans son entier ? Pourquoi même rester attaché au rivage, alors que le flot qui le consacre juridiquement est le même que celui qui écume au large ? Pourquoi ne voir qu'un point précis, et délaisser l’ensemble ?
Ici, dans cette modeste étude, nous avons donc voulu parler — sous l’angle Etat, du point de vue Droit Public — de la mer et ses rivages, c’est-à-dire de toute la mer, plus simplement de