‹ L'État et la MerChapitre 13 sur 93 · L. M. RENAUD, TH · texte numérisé non relu

L. M. RENAUD, TH

RS Er

Marées. Au contraire, quand les deux astres sont en quadyraturè (premier et dernier quartiers de la lune), leurs attractions se contrarient et les marées sont les plus faibles : marées de morte eau.

De plus, l’action des deux astres changeant de valeur d’un jour-à l’autre par suite des ‘variations de leurs distances à la terre, il en résulte des modifications dans l’amplitude des marées (différence entre les hauteurs de pleine et basse mers) : deux marées identiques ne font pas monter d’un jour à l’autre l’eau au même niveau ; de même deux grandes marées consécutives, qui se succèdent à quatorze jours d'intervalle, ne feront pas monter la mer à la même hauteur ; et les plus fortes marées se produisent lorsque les attractions du soleil et de la lune se réunissent au maximum, c’est-à-dire aux environs des équinoxes. Tous les dix-huit ans, enfin, le flot atteint sa hauteur maxima (dont le coefficient est 1,17).

L'attraction luni-solaire, dont ïil est assez difficile de distinguer l'effet des causes accidentelles de variations de niveau, ne paraît pas produire de dénivellations dépassant 0 m. 25 à 0 m. 80. ;

Maïs il y a d’autres facteurs qui interviennent : l’action du vent 1, les variations de la pression atmosphérique, qui, dans les conditions normales, produisent des dénivellations du même ordre s’ajoutant aux premières, et, qui, dans certaines circonstances, peuvent être beaucoup plus considérables.

Sous l'influence du vent, les ondulations de la houle sont non seulement entretenues, mais renforcées : d’où la formation de vagues forcées ou « vagues de vent » qui, arrivées au rivage,

1 L'élévation due aux vents peut atteindre 1m., 1 m.20, et même 1 im. 60. « Ces actions du vent, dit ROLLET DE L'ISLE, sont évidentes dans les pays tropicaux où existe une mousson régulière. Sous l'in fluence de ces vents constants, soufflant pendant six mois dans la même direction, le niveau moyen subit des perturbations manifestes. On a pu le constater, par exemple, à Aden, où le calcul des constantes harmoniques a donné à cet égard les indications les plus nettes en faisant ressortir une onde semi-annuelle qui n’est autre que la variation du niveau moyen sous l'influence des moussons dont la période est également semi-annuelle. » Voir ROLLET DE L'ISLE, Observation, étude et prédiction des marées, Paris, Imprimerie Nationale, 1905.

Page 1