‹ L'État et la MerChapitre 63 sur 93 · L. RENAUD · texte numérisé non relu

L. RENAUD

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leur permettent de trouver ce qu'ils cherchaient : l'Inde, eti 1490, en contournant l'Afrique (et aussi ce qu’ils ne cherchaient pas : le Brésil, en 1500). Ils établissent alors un monopole national des épices, proclament l'Océan Indien propriétés portugaises, et le roi de Portugal porte le titre de « seigneur de la navigation ».

De leur côté, les Espagnols, bien que n'étant pas des marins, cherchent eux aussi des monopoles commerciaux. Gênés par les « propriétés portugaises » de l'Atlantique et de l'Océan Indien, ils visent à coloniser l'Amérique grâce à des navigateurs nonespagnols, et ils se proclament « maîtres des mers d'Amérique », après les voyages du « gênois » Christophe Colomb qui crut découvrir l’Inde, but du voyage, et ne fit qu'aborder en Amérique découverte déjà avant luil Les Portugais cherchent surtout le monopole du commerce d'Orient et les Espagnols les richesses de l'intérieur des terres d'Amérique. Cependant un conflit ne tarde pas à s'élever entre les deux nations au sujet du droit de navigation, qui, pour l’époque, signifiait droit de souveraineté sur là mer.. Voulant chacun l'usage exclusif de la mer, Espagnols et Portugais demandent aux Papes de leur partager les océans du globe.

Les Hollandais, à leur tour, cherchent à obtenirle monopole du commerce maritime. D'abord spécialisés dans la pêche et l’industrie des draps, ils s’ingénient, après leur séparation de l'Espagne pour des raisons politiques et religieuses, à souffler les épices aux Espagnols. Après des tentatives diverses, ils

1 L'Amérique était déjà connue de certains navigateurs, sinon en tant que continent nouveau, du moins en tant que terre. Sans parler de sa partie arctique connue certainement depuis longtemps par les Normands : Northmen —= hommes du nord. (le Labrador, le Groënland et la Scandinavie n’étaient peut être pas encore très éloignés les uns des autres à cette époque, si l’on en croit les théories du professeur Wegener), la partie centrale de l’Amérique déjà atteinte avant CHRISTOPHE COTOMB n’a été reconnue comme nouveau continent que par le Florentin AMÉRIC VESPUCE naviguant pour le compte du Portugal (1499), la partie sud par PINZON et AILVAREZ CABRAL (1500 au Brésil ainsi dénommé de la « couleur rouge de ses bois »), tandis que quelques années avant, en 1497, CABOT arrivait à Terre-Neuve et sur la côte du Maine actuel |

Le premier voyage de COLOMB date de 1493 et son quatrième de 1504. mais il était persuadé être dans l’Inde, d’où le nom d’JZndiens qui fut donné aussitôt aux indigènes.

occupent les Iles de la Sonde qu’ils ont reconnu être le véritable centre des épices. Ils prennent la première place dans le com- merce et la navigation maritime, après avoir successivement éliminé les Espagnols, les Portugais, les Hanséates et les Méditerranéens. Le XVIIS® siècle vit l'apogée des Hollandais, qui fit place ensuite à celle de l'Angleterre.

Les Anglais, peu marins au début, se font aventuriers de la mer. Allant de succès en succès, ils développent leur marine de corsaires, qui, tout à la fois, découvrent des terres et détruisent les navires espagnols qu’ils rencontrent !. D'officieuse, la puis-

sance maritime des Anglais devint officielle et l’œuvre du Parlement approuva ce développement maritime proclamant, pour ces raisons commerciales, la mer « fermée », réservée aux seuls navires anglais. La lutte maritime fut engagée avec la Hollande qui proclamait, ce qui était conforme à ses intérêts, la mer « libre ». Ce conflit se termina par la victoire anglaise.

Les Anglais veulent alors la maîtrise des mers, et s’arrogent tous les droits sur mer puisqu'ils s’estiment chez eux ; ils exigent le salut, le droit de visite, etc? Cette prétention, vivement combattue par les autres puissances, le fut particulièrément par la France. « Liberté des mers, égalité des droits pour toutes « les nations », disait Louis XIV qui faisait inscrire cette devise sur les pavillons de Ia Marine de guerre française. Et à la fin du XVIIIe siècle, cette notion du monopole ‘d’une nation sur les mers déclina. Chaque Etat ne prétendit plus qu’à une certaine exclusivité sur la partie de mer baignant son territoire.

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