Barbé-Harbois, p
LES ETATS-UNIS ET LA FfiANCE.
« ses volontés aux navigateurs du Nord, et mime aux agriculteurs du « Sud, dont les produits seraient sans valestr si ms forces navales en • empêchaient l’exportation *. »
L’aatreprise échoua contre le patriotisme et l’union des Américains; mais on peut dire que depuis lors rien n’a changé dans la situation. Les Américains sont restés nos amis naturels, les défenseurs de la neutralité des mers; l’Angleterre seule peut gagner à une séparation qui n’affaiblit pas moins le continent européen que le nouveau monde.
J’ajoute que c’est là un de ces avantages funestes dont l’Angleterre aurait aussi à [souffrir quelque jour. Elle redeviendrait un objet de haine pour tous les peuples. Je ne doute pas que des hommes éclairés, comme M. Gladstone , n’aient le désir sincère de conserver intacte la grandeur d’une nation qui n’est, après tout, que la glorieuse fille de l’Angleterre protestante. La paix est le profit commun de l’humanité et de la civilisation. Mais il ne manque pas en Angleterre plus qu’ailleurs de politiques à courte vue, qui cherchent en toutes choses, comme un personnage de la fable.
Leur bien premièrement et puis le mal d'autrui.
C’est là qu’est le danger. 11 sera toujours funeste de donner aux hommes une puissance sans limites ; il y a là une ivresse qui tourne les meilleures têtes et égare les peuples non moins que les rois. Cinquante années de paix maritime, c’est la gloire du dix-neuvième siècle. Cette paix, on la doit surtout à la neutralité des États-Unis. L’histoire nous dit comment nos pères, comment Louis XVI, comment Napoléon ont concouru à fortifier cette garantie sans égale ; ne détruisons pas en un jour cette œuvre patriotique. Si nous n’avons paS pitié de l’esclavage, ayons au moins pitié de notre pays, gardons-lui l’amitié des États-Unis et la paix.