‹ L'état, les finances et la monnaieChapitre 110 sur 309 · LE COUP DE · texte numérisé non relu

LE COUP DE

. M. Aubert, dans le Figaro, appelle l'attention sur le coup qui est tenté actuellement à la Commission des finances. À la dernière séance, selon un communiqué qui a été fait, « plusieurs membres ont proposé la suppression du mot exceptionnellement » et, d'après M. Aubert, la majorité des députés présents s'est trouvée d'accord pour supprimer le mot exceptionnellement.

Le ministre doit être entendu par la Commission ce matin. Si la Commission ratifie { par un vote de surprise ?, selon l'expression de M. Aubert, « la décision de cette minorité », une situation très grave va être créée.

En eflet, la limitation du remboursement à un milliard cessant d'être exceptionnelle, c'est à un milliard par an, au lieu de deux, que s’effectueront les remboursements de l'État à la Banque. La période d'assainissement monétaire durerait donc vingt-quatre ans, à partir d'aujourd'hui.

Mais ce serait surtout l'acheminement vers la suppression de tout remboursement de l'État à la Banque, qui est voulu par certains parlementaires inflationnistes.

Or l’une et l’autre mesure seraient les coups les plus graves que l’on pourrait porter contre le franc : nous irions tout droit à la catastrophe monétaire en tempête. Pourquoi?

LES REMBOURSEMENTS DE L'ÉTAT À LA BANQUE SONT LA CONDITION NÉCESSAIRE DE LA BONNE TENUE DU FRANC

Les meneurs de l'intrigue disent qu'ils veulent opérer la dévaluation pour stabiliser la monnaie. C'est le prétexte. La dévaluation, nul ne l'ignore, est une opération impraticable aujourd'hui, parce que la valeur-or internationale du franc est supérieure à sa valeur-or de liquidation. En d'autres

termes, le franc actuel est une valeur qui contient d'une part une valeur-or représentée par l'actif métallique de la Banque, et une valeur représentée par le crédit reconnu à l'État, valeur indiquée par la puissance de remboursement de l'État français. Je renvoie le lecteur sur ce point à l'étude publiée plus haut.

Ce sont les remboursements de l'État qui tiennent le franc à sa valeur présente.

Si ces remboursements diminuent, la partie de créance sur l'État contenue dans chaque franc baisse de valeur, ce qui se conçoit aisément.

S1 les remboursements cessent totalement, cette partie de créance tombera rapidement aux environs de zéro. C'està-dire que le franc, au lieu de valoir 0 fr. 37, tombera aux environs de 0 fr. 20, ce qui est sa valeur-or de liquidation.

S1 donc la Commission des finances supprime le caractère exceptionnel de la mesure prise la semaine dernière, si elle montre par là que le remboursement annuel ne sera plus que de un milliard, et que l'on s'achemine vers la suppression totale des remboursements, c'est la chute certaine du franc, et l'inflation inévitable à bref délai.

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CONSÉQUENCE D'UNE LIMITATION NON EXCEPTIONNELLE DES REMBOURSEMENTS DE L'ÉTAT

Ce serait, très rapidement, le dollar à 25 francs, la livre à 100 francs, ainsi que le disait une haute personnalité de la Banque à un rédacteur de la Liberté.

Autres conséquences : montés des prix en coup de vent, suivie de l'augmentation des salaires, des traitements des

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