COUP D'ÉTAT. — COUP DE BOURSE
La mesure que l'on essaie de faire voter par surprise serait un véritable coup d'État.
Ce serait également un coup de Bourse.
Les gens renseignés (et il y en a beaucoup trop autour de la Commission des finances) prendraient position à la baisse du franc. Ils feraient de trés brillantes affaires aux dépens des producteurs, des épargnants, des rentiers, des retraités, des pensionnés.
Il faut que cette opération criminelle soit empêchée.
Nous demandons à nos amis du Parlement de prendre contact ce matin même avec les membres de la Commission des finances et d'appeler leur attention sur la gravité de l'acte que l’on veut leur faire commettre.
Pour nous, nous tiendrons pour responsables les membres de la Commission, et nommément M. Maurice Bokanowski, qui a déjà sur la conscience le coup du rapport général sur le budget, et qui est un des plus déterminés partisans du nonremboursement de l'État à la Banque.
Il faut que la mesure prise la semaine dernière demeure exceptionnelle.
Si les meneurs de l'intrigue réussissent leur coup, on saura à qui s'en prendre.
L'assemblée nationale du 18 décembre pour la convocation des États généraux a pris l'engagement de s'opposer par fous les moyens à la fabrication de la fausse monnaie. Si on ne peut s'y opposer, on fera le nécessaire pour l'annuler. Et l'on saura qui devra être châtié de ce coup contre le pays. Ce n'est pas le moment de mâcher les mots. Nous livrons ces brèves indications aux méditations des membres de la Commission des finances.