IV. — LA SOLUTION ET LES SOLUTIONS
La solution essentielle à donner au problème financier et monétaire, on la trouvera à toutes les pages de ce livre ; elle est d'une extraordinaire simplicité, connue de tout le monde depuis que le monde est monde : un chef d’abord. Après, tout devient possible.
Sans chef, aucune solution de détail. La grande vérité qu'il faut imprimer ici, la voici :
Le problème monétaire n'est rien d'autre que le problème de la souveraineté.
Si la monnaie est chancelante, c’est parce que le souverain a de mauvaises finances.
S'il a de mauvaises finances, c'est parce qu'il est un souvera débile, accidentellement ou essentiellement.
La souveraineté parlementaire est essentiellement débile.
Etablissons une souveraineté à une seule tête, à un seul cœur, et les premières conditions de la victoire sont créées,
XxX L'ÉTAT, LES FINANCES ET LA MONNAIE
comme à Doullens, lorsque les Alliés se donnèrent enfin l'unité de commandement.
Après Doullens, toute personne sage pouvait dire : la guerre est gagnée, parce que tout le reste n'était plus que question de courage et question de technique, et chacun savait que la France rend des points en matière de courage et de science.
Faisons le même raisonnement pour le problème financier. Le jour où l'unité de commandement sera assurée pour l'État, la partie sera gagnée, car le reste ne sera plus qu'une affaire d'économie et de science, et dans cet ordre les Français rendent des points à tous les peuples du monde.
Ceci n’est point dit pour nous épargner l'examen des solutions techniques qui doivent suivre l'opération centrale.
Le problème de l'unité de commandement étant résolu, la dictature financière étant réalisée, la France retrouveimmédiatement son crédit moral. L'opération se faisant en période d'inflation, je signale que la chute du franc serait arrêtée net, ce qui permettrait un arrêt de l'inflation. Mais, à partir de ce moment, l'État nouveau, l'État national, se trouve devant le problème nu, quil doit résoudre immédiatement, sous peine de déchéance rapide. Prenons le problème dans son état actuel et recherchons les solutions, et disons avant toute chose au lecteur que ce problème est essentiellement simple, contrairement à ce que l'on disait avant la guerre ; 1] est exactement de même nature que le problème des finances privées de tout citoyen.
La petite complication que l'on y trouve aujourd'hui vient du jeu monétaire lequel, en somme, peut être compris par un écolier pourvu du certificat d'études primaires.