LE PROBLÈME DE L'ACTION
Nous rappelons, en les complétant, les mesures que nous proposions il y a trois semaines :
19 Les mesures dont il a été question ces jours derniers (expulsion des spéculateurs, Centrale des Devises, etc.) ne sont que des mesures secondaires. Il convient de les appliquer, sans s'y attarder ;
29 Il faut attaquer le problème central, c'est-à-dire le problème politique :
a) Donner les pleins pouvoirs au gouvernement, afin qu'il puisse prendre en dehors de toute pression électorale les mesures financières indispensables et que nous ne voulons pas énumérer ici ;
b) M. de Lasteyrie doit sa démission au chef du gouvernement et au pays. Son incapacité, son imprévoyance, depuis dix-huit mois de crise ouverte, lui interdisent d'être l'homme qu'il faut dans les circonstances où nous sommes ;
c) Il y a lieu d’ajourner les élections, au moins de six mois, afin de laisser sa liberté d'action au gouvernement ;
d) {l y a lieu de nommer un Comité extraparlementaire de six à dix personnes qui collaboreront avec le gouvernement en dehors de tout esprit de parti :
e) Îl y a lieu de provoquer une nouvelle session de la Semaine de la Monnaie afin de mobiliser les forces économiques, presque toutes représentées au Comité de la Semaine, pour appuyer l'action du gouvernement et, au besoin, pour lui fournir des moyens d'action ;
f) Il y a lieu enfin de poursuivre officiellement, avec le concours des corporations, l'étude des moyens d'application d'une monnaie de compte stable.
Le patriotisme commande de prendre des mesures rapides. On ne fera pas au pays la honte de laisser s'effondrer sa monnale, qui porte le sceau du régime, au moment où l'action politique du gouvernement italien, signant l'accord avec la
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Yougoslavie, vient d’affermir le crédit de l'État fasciste et de
relever la monnaie italienne.
Pour nous, dans cette crise si grave, nous nous mettons à
la disposition du gouvernement français, exactement dans
le même sentiment qu'au 2 août 1914.